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Sommaire
4.3 CSSCT, réunions SSCT et référent harcèlement
Le CSE a remplacé le CHSCT, mais la santé et la sécurité n'ont pas disparu de son agenda : elles ont leurs réunions, parfois une commission dédiée, et un référent pour le harcèlement sexuel et les agissements sexistes. Ce dernier chapitre du parcours explique comment ces trois pièces s'articulent, et ce que chacune permet à l'élu.
CSE et CSSCT : qui fait quoi ?
Le CSE (seul compétent)
- Rend les avis lors des consultations
- Décide de recourir à un expert
- Garde toutes ses attributions consultatives
La CSSCT (par délégation)
- Reçoit tout ou partie des attributions SSCT
- Prépare le travail du CSE sur le terrain
- Ne peut recevoir ni l'expertise ni les consultations
La CSSCT : où est-elle obligatoire ?
La commission santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT) est créée au sein du CSE. L'article L2315-36 la rend obligatoire dans :
- les entreprises d'au moins 300 salariés ;
- les établissements distincts d'au moins 300 salariés ;
- les établissements visés à l'article L4521-1, c'est-à-dire certains sites à risque (installations nucléaires de base, établissements Seveso seuil haut), quel que soit leur effectif.
En dessous de ces seuils, l'article L2315-37 permet à l'inspecteur du travail d'imposer la création d'une CSSCT lorsque cette mesure est nécessaire, en raison par exemple de la nature des activités ou de l'agencement ou de l'équipement des locaux. L'employeur peut contester cette décision devant la DREETS.
Dans une entreprise de 120 salariés sans activité à risque particulier, il n'y a donc pas de CSSCT obligatoire : les attributions de santé et de sécurité sont exercées par le CSE lui-même, avec les mêmes outils (inspections, enquêtes, alertes, expertise). Cela ne diminue en rien le rôle de l'élu : c'est lui, titulaire ou suppléant, qui porte directement ces sujets.
Ce que le CSE peut lui confier, et ce qu'il garde
Selon l'article L2315-38, le CSE peut confier à la CSSCT tout ou partie des attributions du comité relatives à la santé, à la sécurité et aux conditions de travail. Mais deux catégories ne se délèguent jamais :
| Attribution | Délégable à la CSSCT ? | Pourquoi |
|---|---|---|
| Inspections et enquêtes SSCT | Oui, en tout ou partie | Attributions de santé, sécurité et conditions de travail (L2315-38) |
| Préparation des délibérations du CSE | Oui, selon l'organisation retenue | Travail préparatoire, qui ne remplace pas la délibération |
| Recours à un expert | Non | Exclu de la délégation par L2315-38 |
| Attributions consultatives du CSE (avis) | Non | Exclues de la délégation par L2315-38 |
En clair : la CSSCT peut faire le travail de fond, mais c'est le CSE, réuni en séance, qui rend les avis et qui décide d'une expertise. Un élu de la commission qui « répondrait » à une consultation à la place du comité sortirait de son rôle.
La répartition exacte des missions entre le CSE et la CSSCT dépend de l'organisation retenue localement (accord, règlement intérieur). Premier réflexe en prenant un mandat : lire ce document pour savoir ce qui a été délégué.
Les réunions SSCT du CSE
Que la CSSCT existe ou non, le CSE doit consacrer du temps à ces sujets. L'article L2315-27 prévoit :
- au moins quatre réunions par an consacrées en tout ou partie aux questions de santé, de sécurité et de conditions de travail ; il peut y en avoir davantage si nécessaire, notamment dans les branches à risques particuliers ;
- une réunion supplémentaire après tout accident ayant entraîné ou pu entraîner des conséquences graves, ou tout événement grave lié à l'activité de l'entreprise ayant porté ou pu porter atteinte à la santé publique ou à l'environnement ; deux représentants du personnel peuvent aussi la demander par écrit, avec un motif ;
- un calendrier annuel transmis chaque année par l'employeur à l'agent de contrôle de l'inspection du travail, au médecin du travail et à l'agent des services de prévention des organismes de sécurité sociale, qui sont informés de chaque réunion.
Si l'employeur ne réagit pas et qu'au moins la moitié des membres du CSE le demandent, l'agent de contrôle de l'inspection du travail peut convoquer le CSE et le présider.
Pour l'élu, ces réunions sont le lieu naturel pour inscrire à l'ordre du jour les sujets vus dans ce parcours : résultats d'une inspection, conclusions d'une enquête, suivi du programme annuel de prévention. Une demande d'inscription argumentée, accompagnée de faits, donne de bien meilleurs résultats qu'une remarque en fin de séance. La page réunions du CSE du Hub CSE rappelle les règles de convocation et d'ordre du jour.
Le référent harcèlement du CSE
Le dernier alinéa de l'article L2314-1 prévoit qu'un référent en matière de lutte contre le harcèlement sexuel et les agissements sexistes est désigné par le CSE parmi ses membres, par une résolution adoptée selon les modalités de l'article L2315-32. Son mandat prend fin avec celui des élus du comité.
Trois précisions évitent les confusions fréquentes :
- Le périmètre légal est le harcèlement sexuel et les agissements sexistes. Le texte ne vise pas le harcèlement moral. Un CSE peut décider d'élargir ce rôle dans son fonctionnement interne, mais ce n'est pas ce que dit la loi.
- Le référent est un élu, désigné par ses pairs, dans tout CSE : le texte ne prévoit pas de seuil d'effectif particulier au-delà de l'existence du comité.
- Il ne faut pas le confondre avec le référent de l'employeur. L'article L1153-5-1 impose à l'employeur, dans toute entreprise d'au moins 250 salariés, de désigner son propre référent pour orienter, informer et accompagner les salariés. Les deux fonctions coexistent.
Référent du CSE
- Désigné par le CSE parmi ses membres (L2314-1)
- Dans tout CSE
- Mandat qui s'achève avec celui des élus
Référent de l'employeur
- Désigné par l'employeur (L1153-5-1)
- Dans toute entreprise d'au moins 250 salariés
- Rôle d'orientation, d'information et d'accompagnement
Harcèlement : les leviers de l'élu, référent ou non
Le référent n'est pas le seul à agir. Tout membre de la délégation du personnel dispose de leviers que ce parcours a vus :
- le droit d'alerte pour atteinte aux droits des personnes (L2312-59), qui couvre le harcèlement et les discriminations et déclenche une enquête avec l'employeur ;
- l'initiative de prévention : l'article L2312-9 permet au CSE de susciter toute initiative qu'il estime utile, notamment des actions de prévention du harcèlement moral, du harcèlement sexuel et des agissements sexistes, l'employeur devant motiver tout refus ;
- l'analyse des risques : l'organisation du travail et les relations sociales font partie des facteurs à examiner dans le DUERP, comme le rappelle le principe de prévention de L4121-2 qui inclut les risques de harcèlement et d'agissements sexistes ;
- l'expertise si un risque grave, identifié et actuel est constaté (L2315-94, 1°).
Les notions de harcèlement, la conduite à tenir et le rôle des référents sont développés dans la formation prévention du harcèlement et référent ; les facteurs de risques psychosociaux, dans la formation risques psychosociaux.
Formation des membres de la CSSCT et fin de parcours
La formation santé, sécurité et conditions de travail de l'article L2315-18 prévoit une durée minimale de cinq jours au premier mandat et de trois jours au renouvellement, avec une exception qui concerne cette commission : cinq jours au renouvellement pour les membres de la CSSCT dans les entreprises d'au moins 300 salariés. La règle complète (durée, organisme, financement) est détaillée sur la page formation santé, sécurité et conditions de travail du Hub CSE.
Ce parcours en quatre modules se termine ici. Il suit le fil d'un mandat : comprendre le rôle de l'élu (module 1), évaluer les risques avec le DUERP (module 2), inspecter, enquêter et exploiter les accidents (module 3), puis alerter et agir avec les bons outils (module 4). L'examen final est un outil d'auto-évaluation : il permet de repérer les points à revoir avant de suivre, si ce n'est pas déjà fait, la formation prévue par le Code du travail.
Selon la taille : qui porte la santé et la sécurité ?
11 à 49 salariés
Le CSE exerce ses missions de santé et de sécurité (L2312-5), sans commission obligatoire.
50 à 299 salariés
Le CSE exerce ses attributions étendues ; une CSSCT peut être imposée par l'inspecteur du travail (L2315-37).
300 salariés et plus
CSSCT obligatoire (L2315-36), avec formation de cinq jours au renouvellement pour ses membres.
Dans les établissements à risque visés à l'article L4521-1, la CSSCT est obligatoire quel que soit l'effectif.
Sources
- Code du travail, art. L2315-36 (CSSCT) : page du wiki ; art. L4521-1 : page du wiki
- Code du travail, art. L2315-27 (réunions SSCT) : page du wiki
- Code du travail, art. L2314-1 (référent du CSE) et L1153-5-1 (référent de l'employeur) : L2314-1
- Code du travail, art. L2312-9 (initiatives du CSE) : page du wiki ; art. L2312-59 : page du wiki
- Code du travail, art. L2315-37, L2315-38 et L2315-18 : texte officiel sur Légifrance
À retenir
- La CSSCT est obligatoire à partir de 300 salariés et dans les établissements de L4521-1 ; l'inspecteur du travail peut l'imposer en dessous (L2315-36, L2315-37).
- Le CSE peut lui déléguer ses attributions SSCT, sauf le recours à l'expert et les attributions consultatives (L2315-38).
- Le CSE tient au moins quatre réunions par an sur la santé et la sécurité, plus une réunion après un accident ou un événement grave (L2315-27).
- Le référent du CSE est désigné parmi ses membres pour le harcèlement sexuel et les agissements sexistes, pas pour le harcèlement moral (L2314-1).
- Le référent de l'employeur est obligatoire à partir de 250 salariés (L1153-5-1) : ce sont deux fonctions distinctes.
- Au renouvellement, la formation SSCT dure cinq jours pour les membres de la CSSCT dans les entreprises d'au moins 300 salariés (L2315-18).
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