Convention collective des métiers de la transformation des grains 2026 : salaires, primes et droits

Mise à jour : 01/10/2026 Convention collective IDCC 1930 · brochure JORF 3060

Numéro, brochure, codes NAF et texte officiel : voir la fiche technique IDCC 1930. Cette page décrypte les salaires, primes, préavis et droits de la convention.

Conducteur de moulin qui règle les cylindres d'une minoterie, opérateur de semoulerie, agent de silo, conditionneur, chauffeur-livreur qui dépose les sacs de farine chez les boulangers, technicien d'une usine d'aliments pour le bétail : tous ces salariés relèvent en principe de la convention collective nationale des métiers de la transformation des grains, numéro IDCC 1930, publiée au Journal officiel sous la brochure n° 3060. C'est l'ancienne convention de la meunerie du 16 juin 1996, entièrement réécrite et renommée par l'avenant n° 46 du 9 novembre 2016.

La branche réunit quatre métiers qui partagent la même matière première : la meunerie, la semoulerie, la rizerie et la fabrication d'aliments pour animaux. Ce sont des industries de process, qui tournent souvent en continu, avec des équipes de nuit, des chauffeurs qui livrent tôt le matin et des installations de stockage où l'on manipule des sacs et des big-bags. La convention en porte la marque : majoration de nuit de 30 %, contingent d'heures supplémentaires propre aux chauffeurs-livreurs, indemnité de rappel en dehors de l'horaire, garantie de ressources dès le quatrième jour d'arrêt.

Vous trouverez ici la grille de l'avenant n° 30 du 9 février 2026, étendu en mai 2026, avec ses positions A, B et C, la classification en neuf niveaux, deux simulateurs, puis les primes de branche (13e mois, prime de vacances, prime d'ancienneté), le travail de nuit, la durée du travail, les congés, la maladie, la rupture du contrat et le départ à la retraite. Chaque règle est comparée au code du travail ; quand la loi est plus favorable que le texte de branche, nous le signalons.

Étape 0 : votre employeur relève-t-il de l'IDCC 1930 ?

L'article 1er vise les employeurs dont l'activité exclusive ou principale relève d'au moins un de ces quatre secteurs : meunerie, semoulerie, rizerie et fabrication d'aliments pour animaux. La convention s'applique sur tout le territoire national, Corse et outre-mer compris, ainsi qu'au personnel des syndicats et comités patronaux signataires. Elle présume couverts les employeurs classés par l'INSEE dans trois codes NAF, mais ce n'est qu'une présomption : c'est l'activité réellement exercée qui décide.

Activité principale de l'employeurCode NAF (indicatif)Convention
Meunerie : farines de blé, d'autres céréales, farines préparées pour la boulangerie10.61AIDCC 1930
Semoulerie, gruaux, rizerie (riz décortiqué, blanchi ou transformé)10.61BIDCC 1930
Fabrication d'aliments pour animaux de ferme10.91ZIDCC 1930
Céréales soufflées, grillées ou transformées pour le petit déjeuner10.61BIDCC 3109
Coopérative agricole de céréales, de meunerie ou d'aliments du bétailselon l'activitéIDCC 7002
Pâtes alimentaires sèches et couscous non préparé10.73ZIDCC 1987

Le code 10.61B est partagé : la nomenclature de l'INSEE y range à la fois les semoules, le riz et les céréales du petit déjeuner, et la convention des industries alimentaires diverses revendique expressément ces dernières. De même, la convention ne crée de présomption que pour les aliments destinés aux animaux de ferme (10.91Z) ; pour un fabricant d'aliments pour animaux de compagnie (10.92Z), le rattachement se vérifie au cas par cas.

Boulangerie : IDCC 843 ou 3255 Le moulin produit la farine, la boulangerie la cuit. Le fournil artisanal suit la boulangerie artisanale (IDCC 843), l'usine de pain et de viennoiserie la boulangerie-pâtisserie industrielle (IDCC 3255).
Céréales du petit déjeuner : IDCC 3109 La fabrication de céréales soufflées ou grillées figure dans le champ des industries alimentaires diverses (IDCC 3109), avec la biscuiterie et la chocolaterie, même si elle partage le code 10.61B.
Coopérative agricole : IDCC 7002 Les coopératives agricoles, leurs unions et les SICA de céréales, de meunerie, d'approvisionnement ou d'aliments du bétail ont leur propre convention, avec la collecte et le stockage des grains.
Malterie : pas citée La fabrication de malt (NAF 11.06Z) ne figure pas parmi les activités de l'article 1er. Une malterie n'est donc pas présumée relever de l'IDCC 1930 : sa convention dépend de son activité principale et de sa forme juridique.

Numéro, brochure et dates d'extension : voir la fiche technique IDCC 1930. Le bulletin de paie doit indiquer l'intitulé de la convention applicable (article R. 3243-1 du code du travail). En cas de doute, l'outil trouver ma convention collective part de votre code NAF.

1. Une convention de la meunerie refondue en 2016

La convention de la meunerie, signée le 16 juin 1996 et étendue par arrêté du 11 décembre 1997, s'était enrichie pendant vingt ans d'avenants successifs, au point de devenir difficile à lire. Par un accord du 20 janvier 2015, les partenaires sociaux ont décidé de tout regrouper dans un document unique, sans modifier le fond. Le résultat est l'avenant de révision n° 46 du 9 novembre 2016, qui se substitue à l'ensemble de l'ancien texte, annexes comprises, et donne à la convention son nom actuel. Il a été étendu par arrêté du 9 mai 2018, publié au Journal officiel du 15 mai 2018.

Depuis, les avenants sont numérotés à partir de 1. Trois textes récents comptent pour la page : l'avenant n° 28 du 15 janvier 2025, qui précise la classification, l'avenant n° 29 du 20 mai 2025, qui met le texte à jour du droit en vigueur et a été étendu par arrêté du 3 juillet 2026, et les avenants n° 30 et 31 du 9 février 2026, sur les salaires et la prime d'ancienneté, étendus par arrêté du 4 mai 2026. Les avenants de 2026 sont signés, côté employeurs, par l'Association nationale de la meunerie française (ANMF), le Comité français de la semoulerie industrielle (CFSI) et le Syndicat national des industriels de l'alimentation animale (SNIA) ; côté salariés, par des fédérations de la CFDT, de la CFE-CGC et de FO.

3060
brochure du Journal officiel
4
métiers dans le champ
9
niveaux de classification
+ 1,18 %
hausse de la grille 2026
16 juin 1996 : convention de la meunerieÉtendue par arrêté du 11 décembre 1997. Son champ couvre déjà la meunerie, la semoulerie, la rizerie et les aliments pour animaux de ferme, hors fourrages déshydratés.
12 mars 1999 : avenant n° 5 sur la réduction du temps de travailIl permet de figer les primes d'ancienneté atteintes ; c'est encore la clé de lecture de l'article 40.
9 novembre 2016 : avenant de révision n° 46Texte unique, nouveau nom « métiers de la transformation des grains », étendu par arrêté du 9 mai 2018.
6 novembre 2018 : champ rédigé en NAF 2008Avenant n° 8, étendu par arrêté du 5 février 2021 : codes 10.61A, 10.61B et 10.91Z.
4 avril 2022 : nouveau régime du travail de nuitAvenant n° 19, étendu par arrêté du 14 décembre 2022 : plage 21 h-6 h, majoration de 30 %, repos de compensation.
15 janvier et 20 mai 2025 : classification et mise à jourAvenants n° 28 (étendu le 18 septembre 2025) et n° 29 (étendu par arrêté du 3 juillet 2026, JORF du 11 juillet 2026).
9 février 2026 : salaires et prime d'anciennetéAvenants n° 30 (grille au 1er février 2026) et n° 31 (prime d'ancienneté au 1er juin 2026), étendus par arrêté du 4 mai 2026 (JORF du 10 mai 2026).

Sources : conteneur de la convention IDCC 1930, avenant de révision n° 46 du 9 novembre 2016 (préambule, art. 1er à 6) ; avenant n° 29 du 20 mai 2025, étendu par arrêté du 3 juillet 2026 ; arrêté du 4 mai 2026 (avenants n° 30 et 31) ; consultés le 1er octobre 2026.

2. Grille des salaires 2026 étendue : l'avenant n° 30

La convention fixe pour chaque niveau une rémunération mensuelle minimum, la REMM, pour 151,67 heures par mois, soit 35 heures par semaine. La grille en vigueur est celle de l'avenant n° 30 du 9 février 2026, applicable depuis le 1er février 2026 dans les entreprises adhérentes aux organisations signataires, puis à toute la branche depuis le lendemain de la publication de l'arrêté d'extension du 4 mai 2026, parue au Journal officiel du 10 mai 2026. Tous les niveaux progressent de 1,18 % par rapport à la grille de l'avenant n° 27, applicable depuis le 1er décembre 2024.

Le niveau VI, premier niveau cadre, comporte deux échelons : le salarié passe automatiquement à l'échelon 2 après 8 mois de présence continue sur le poste. Pour une autre durée du travail, les minima se calculent au prorata. Les cadres dirigeants et les cadres au forfait annuel en jours doivent percevoir une rémunération supérieure à la REMM de leur niveau. Au 1er octobre 2026, aucun avenant salarial postérieur au n° 30 n'a été déposé ni soumis à extension.

1 871,06 €
niveau I, par mois
5 055,07 €
niveau IX, par mois
+ 4,04 €
écart du niveau I au SMIC
0
niveau sous le SMIC
NiveauCatégorieREMM brute mensuelle (35 h)Taux horaireÉcart au SMIC du 01/06/2026Position B / C
IOuvrier, employé1 871,06 €12,34 €+ 4,04 €+ 20 € / + 40 €
IIOuvrier, employé1 955,58 €12,89 €+ 88,56 €+ 20 € / + 40 €
IIIOuvrier, employé2 047,84 €13,50 €+ 180,82 €+ 20 € / + 40 €
IVAgent de maîtrise2 157,51 €14,23 €+ 290,49 €+ 60 € / + 120 €
VAgent de maîtrise2 426,26 €16,00 €+ 559,24 €+ 60 € / + 120 €
VI-1Cadre, échelon 12 608,23 €17,20 €+ 741,21 €+ 150 € / + 300 €
VI-2Cadre, échelon 22 801,77 €18,47 €+ 934,75 €+ 150 € / + 300 €
VIICadre3 399,33 €22,41 €+ 1 532,31 €+ 150 € / + 300 €
VIIICadre4 063,66 €26,79 €+ 2 196,64 €+ 150 € / + 300 €
IXCadre5 055,07 €33,33 €+ 3 188,05 €+ 150 € / + 300 €

Source : avenant n° 30 du 9 février 2026 relatif à la rémunération mensuelle minimum (REMM) au 1er février 2026, article 2, étendu par arrêté du 4 mai 2026 (JORF du 10 mai 2026) ; majorations de position : annexe II, point V (rédaction de l'avenant n° 28) ; grille relue le 1er octobre 2026. Taux horaires (REMM / 151,67) et écarts au SMIC de 1 867,02 € calculés par nos soins.

REMM 2026 par niveau (barres) et SMIC mensuel du 1er juin 2026 (ligne).

Le graphique montre ce que le tableau dit moins bien : la grille des ouvriers et employés est très resserrée, à peine plus de 175 € entre le niveau I et le niveau III, et le premier niveau colle au SMIC. Les écarts s'ouvrent ensuite, 268,75 € entre les niveaux IV et V, puis surtout chez les cadres : près de 600 € entre l'échelon 2 du niveau VI et le niveau VII, 664,33 € entre VII et VIII, 991,41 € entre VIII et IX. Pour un ouvrier, la progression passe donc autant par les positions B et C que par un changement de niveau.

Ce qui compte pour vérifier le minimum

Pour comparer un salaire à la REMM, l'annexe II retient tous les éléments de rémunération soumis à cotisations versés dans le mois, quelle que soit leur nature, avec des exceptions : la prime d'ancienneté, les majorations pour travail de nuit, des jours fériés et du jour de repos hebdomadaire, et la rémunération des heures supplémentaires ne comptent pas. Les primes versées à certaines périodes de l'année ne comptent, au prorata, que pour la part qui dépasse ce que prévoit la convention. Enfin, l'annexe rappelle que chaque salarié doit toucher le SMIC chaque mois.

Le niveau I ne dépasse le SMIC que de 4,04 €

Calée sur le SMIC de janvier 2026 (12,02 € de l'heure), la grille a résisté à la revalorisation du 1er juin 2026 (12,31 €), mais de peu : 1 871,06 € contre 1 867,02 €, soit 12,34 € de l'heure. Une nouvelle hausse du SMIC sans avenant de branche ferait passer le niveau I sous le minimum légal ; le SMIC s'appliquerait alors automatiquement.

Exemple chiffré : une conditionneuse au niveau I, présente toute l'année

Payée au minimum de son niveau en position A, elle perçoit 1 871,06 € par mois. Avec le 13e mois, égal à son salaire de base, et la prime de vacances de 350 € pour un droit complet à congés, son minimum conventionnel sur douze mois atteint 24 673,78 € brut (13 × 1 871,06 + 350), contre 22 404,24 € pour douze SMIC. Le net mensuel correspondant est d'environ 1 459 € (estimation au coefficient 0,78, à affiner avec la calculatrice brut / net).

Date d'effetAvenantNiveau INiveau IX
1er février 2021n° 151 579,71 €4 459,83 €
1er janvier 2022n° 181 634,09 €4 548,77 €
1er octobre 2022n° 221 710,09 €4 624,77 €
1er janvier 2024n° 261 812,98 €4 907,78 €
1er décembre 2024n° 271 849,24 €4 996,12 €
1er février 2026n° 301 871,06 €5 055,07 €

Sources : avenants n° 15 du 28 janvier 2021, n° 18 du 12 janvier 2022, n° 22 du 28 septembre 2022, n° 26 du 17 janvier 2024, n° 27 du 27 novembre 2024 et n° 30, tous étendus ; relevés dans le texte intégral le 1er octobre 2026. L'avenant n° 27 avait déclaré close la négociation salariale pour 2024 et 2025.

Publicité

3. Classification : neuf niveaux et trois positions

La classification de la branche ne range pas les salariés d'après une liste de postes, mais d'après la cotation de leur emploi. L'employeur analyse les tâches réellement exercées et note cinq critères classants : connaissance de base et savoir-faire professionnel, complexité de l'emploi, autonomie et initiative (chacun de 1 à 9), animation et conseil technique (de 2 à 9), encadrement et management (de 4 à 9). Le total des points donne le niveau. Le même dispositif s'applique à toutes les catégories, des ouvriers aux cadres, et il n'y a plus de coefficients.

Total des pointsNiveauCatégorie (art. 35.4)
jusqu'à 5IOuvriers et employés
6 à 10II
11 à 15III
16 à 20IVAgents de maîtrise
21 à 25V
26 à 30VICadres
31 à 35VII
36 à 40VIII
41 à 45IX

Source : articles 35 à 35.7 et annexe I de la convention, rédaction de l'avenant n° 28 du 15 janvier 2025 relatif à la classification, étendu par arrêté du 18 septembre 2025 (JORF du 25 septembre 2025) ; relu le 1er octobre 2026.

À l'intérieur de chaque niveau, une position A, B ou C reconnaît le parcours du salarié dans son emploi. Elle s'obtient en additionnant des points dans cinq domaines, puis se réexamine lors de l'entretien professionnel, dès deux ans d'ancienneté. L'avenant n° 28 a ajouté la polycompétence aux critères de cotation de l'emploi et rendu plus objective l'attribution des positions. La position majore la REMM d'un montant fixe, indiqué dans la grille ci-dessus.

  • Maîtrise dans l'emploi : 1 point (débutant), 3 (confirmé) ou 5 (expert), indépendamment de l'ancienneté ;
  • Parrainage d'un nouvel embauché dans l'année : 1 point ; tutorat : 2 points ;
  • Polyvalence : 0, 1 (occasionnelle) ou 3 points (régulière) ;
  • Formation complémentaire : 0 à 3 points ; un CQP directement lié à l'emploi donne 3 points.

Total de 1 à 3 points : position A ; de 4 à 8 : position B ; de 9 à 14 : position C (art. 35.5.2).

L'accord de branche du 20 mai 2025 sur l'usure professionnelle, signé mais pas encore étendu, liste les métiers les plus exposés aux postures pénibles, aux manutentions et aux vibrations : opérateur de production, conducteur de machine, conducteur de ligne, mécanicien de maintenance industrielle, chauffeur-livreur, opérateur logistique ou magasinier, agent ou chef de silo, conditionneur.

Fiches métier liées : conducteur de ligne agroalimentaire, conducteur de machine de conditionnement, mécanicien industriel, magasinier-cariste, chauffeur-livreur.

La convention cite deux certificats de qualification professionnelle propres à la branche : le CQP « conducteur de moulin » et le CQP « conducteur d'installation de transformation des grains », actualisé par l'avenant n° 24 du 17 janvier 2023. Ils peuvent servir à établir le niveau de connaissance de base exigé pour un emploi et, quand ils sont liés à l'emploi occupé, donnent automatiquement les 3 points de formation complémentaire de la position.

Exemple : un chef d'équipe au niveau IV, position C

Un agent de maîtrise classé au niveau IV, expert dans son emploi (5 points), tuteur d'un apprenti (2 points) et titulaire d'un CQP lié à son poste (3 points), totalise 10 points : il est en position C. Son minimum passe de 2 157,51 € à 2 277,51 € brut par mois (+ 120 €). La même progression ne rapporterait que 40 € à un ouvrier du niveau II.

4. Simulateurs : votre salaire minimum et vos indemnités de licenciement

Le premier simulateur part de votre niveau et de votre position. Il applique la grille de l'avenant n° 30, la proratise selon votre durée hebdomadaire, la compare au SMIC, ajoute la prime d'ancienneté si votre entreprise la verse et donne un ordre de grandeur annuel avec le 13e mois et la prime de vacances. Le second compare l'indemnité de licenciement de la convention, par catégorie, à l'indemnité légale, et retient la plus favorable.

Salaire minimum — avenant n° 30, en vigueur

Minimum mensuel brut garanti
—

Constantes du 01/10/2026 : grille de l'avenant n° 30 (effet 01/02/2026) ; majorations de position (annexe II, V) ; prorata de la durée du travail (annexe II, I) ; prime d'ancienneté de l'article 40 (1 à 4 % de la REMM, seulement si elle existe dans l'entreprise) ; 13e mois égal au salaire de base ; prime de vacances de 350 € ; SMIC de 12,31 €/h depuis le 01/06/2026 ; net estimé avec un coefficient de 0,78. Résultat indicatif. Pour un calcul plus fin, utilisez la calculatrice brut / net.

Indemnité de licenciement : convention ou loi ?

Indemnité minimale due
—

Convention : article 56.1, tranches cumulées par année complète, dès 8 mois de présence ; plafonds de 12 mois (agents de maîtrise) et 20 mois (cadres), appliqués ici après la majoration de 10 %. Loi : article R. 1234-2, dès 8 mois, au prorata des mois. Hors licenciement pour faute grave ou lourde, hors indemnité de préavis et de congés payés. Résultat indicatif.

5. Primes de branche : 13e mois, prime de vacances et ancienneté

La convention de la transformation des grains est plus généreuse en primes que beaucoup de conventions industrielles. Elle crée un vrai 13e mois conventionnel et une prime de vacances forfaitaire, tous deux dus à tous les salariés qui remplissent les conditions. La prime d'ancienneté, en revanche, obéit à une règle particulière héritée de la réduction du temps de travail de 1999 : elle n'est pas due partout.

ÉlémentCe que prévoit la conventionArticle
13e moisContrat en cours au 31 décembre et au moins 6 mois d'ancienneté ; montant égal au salaire de base mensuel (hors ancienneté et compléments) ; prorata du temps de travail effectif en cas d'année incomplète ; versé au plus tard sur la paie de janvier41
Prime de vacancesContrat en cours au 30 juin ; versée en juin ; 350 € brut pour 30 jours ouvrables de congés acquis du 1er juin au 31 mai, au prorata des congés acquis et du temps partiel79 et annexe II, VI
Prime d'ancienneté, quand elle existeAu moins 1 % de la REMM du niveau à 3 ans, 2 % à 6 ans, 3 % à 9 ans, 4 % à 12 ans, depuis le 1er juin 202640
Position B ou CDe + 20 € à + 300 € par mois selon le niveau, intégrés au minimumannexe II, V
Remplacement dans un poste supérieurSalaire minimum du poste occupé dès le premier jour, 6 mois au plus sauf maladie ou accident du titulaire45
Arrêt de travail imputable à l'entrepriseDemi-journée commencée payée ; 2 heures de salaire de base pour l'ouvrier non prévenu qui s'est présenté43
Clause de non-concurrence18 mois au plus ; contrepartie mensuelle d'au moins 25 % (jusqu'à 12 mois) ou 30 % (de 12 à 18 mois) de la rémunération de référence34 B

Sources : texte de base, articles 34, 40, 41, 43, 45, 66.2 et 79 ; avenant n° 18 du 12 janvier 2022, article 3 (prime de vacances, étendu par arrêté du 23 mai 2022) ; avenant n° 31 du 9 février 2026 relatif à la prime d'ancienneté ; consultés le 1er octobre 2026.

La prime d'ancienneté : due seulement là où elle existe

L'article 40, réécrit par l'avenant n° 31, fixe le montant minimum de la prime « quand elle existe » : 1 % de la REMM du niveau à partir de 3 ans d'ancienneté, 2 % à 6 ans, 3 % à 9 ans et 4 % à 12 ans. L'ancienne rédaction, en vigueur jusqu'au 31 mai 2026, accordait 1 % par tranche de 5 ans, avec un maximum de 4 % à 20 ans : la réforme fait atteindre le plafond huit ans plus tôt. Mais le même article rappelle que, depuis l'avenant n° 5 du 12 mars 1999, les primes atteintes au moment de la réduction du temps de travail peuvent être maintenues sans plus évoluer, et que les salariés qui ne la percevaient pas à cette date, comme les nouveaux embauchés, peuvent ne pas en bénéficier.

Concrètement, la prime dépend de l'histoire de l'entreprise : là où elle est versée, elle doit respecter au moins le nouveau barème ; là où elle a été figée ou n'a jamais été attribuée, la convention n'oblige pas à la créer. L'ancienneté se calcule selon l'article 39 : présence continue dans l'entreprise, maladie comptée dans la limite de 2 mois, accident du travail et maladie professionnelle sans limite. Le calculateur d'ancienneté donne la date exacte de chaque palier.

Exemple : un opérateur au niveau III avec 7 ans d'ancienneté

Dans une entreprise qui verse la prime, il a droit au taux de 2 % depuis ses 6 ans : 2 % × 2 047,84 € = 40,96 € par mois. Sous l'ancienne règle, il n'aurait touché que 1 % jusqu'à ses 10 ans. La prime ne compte pas pour vérifier qu'il atteint la REMM, et n'entre pas dans le 13e mois, calculé hors ancienneté. Pour une année incomplète, le calculateur de 13e mois applique le prorata.

Publicité

6. Travail de nuit, rappels et déplacements

Les moulins et les usines d'aliments tournent souvent la nuit, et les livraisons commencent tôt. L'article 73, issu de l'avenant n° 19 du 4 avril 2022 et retouché en 2025, distingue deux situations. Il fixe d'abord la plage de nuit de 21 heures à 6 heures, celle de l'article L. 3122-2 du code du travail ; une autre plage de neuf heures, incluant minuit-5 heures, peut être fixée par accord d'entreprise. Il réserve ensuite des droits supplémentaires au « travailleur de nuit » au sens de l'article L. 3122-5.

Majoration de 30 %

Dès 4 heures travaillées entre 21 h et 6 h, chaque heure de cette plage est majorée de 30 % sur la base du taux horaire, hors primes.

Indemnité de panier

Dans la même situation, une indemnité de panier égale à 1,5 fois le minimum garanti (article L. 3231-12) est due.

Repos de compensation

Pour le travailleur de nuit : 2 % des heures de nuit, de 0,5 jour (160 à 269 h) à 4,5 jours (1 401 h et plus) par an.

Est travailleur de nuit le salarié qui accomplit, au moins deux fois par semaine, trois heures de nuit selon son horaire habituel, ou 270 heures de nuit dans l'année civile. Il ne peut travailler plus de 8 heures par nuit, 10 heures en cas de surcroît d'activité dans les activités de transport, de surveillance ou de production continue, et pas plus de 40 heures en moyenne sur 12 semaines, portées à 42 heures, avec 44 heures au plus dans la semaine. Sa pause de 20 minutes, plus 10 minutes au-delà de 8 heures, est payée comme du travail effectif. Le nombre de postes de nuit consécutifs est limité à cinq, et le passage d'un horaire de jour à un horaire de nuit exige l'accord exprès du salarié. Le repos de compensation répond à l'exigence de contreparties de l'article L. 3122-8.

Exemple chiffré : un conducteur de moulin en poste de nuit

Classé au niveau II et payé au minimum, son taux horaire est de 12,89 € (1 955,58 € / 151,67). Sur un mois de 20 nuits de 7 heures effectives entre 21 heures et 6 heures, la majoration de 30 % représente 140 × 3,87 € = 541,80 € brut, à quoi s'ajoutent 20 indemnités de panier de 1,5 minimum garanti. Ces majorations ne comptent pas dans la comparaison avec la REMM. Le simulateur d'heures de nuit permet de refaire le calcul avec votre planning et le taux de 30 %.

Le travailleur de nuit qui veut revenir de jour est prioritaire sur les postes disponibles ; si c'est l'employeur qui le fait revenir, il garde pendant trois mois sa rémunération moyenne des douze derniers mois, majorations et paniers compris. Au-delà de la convention, les nuits comptent aussi pour le compte professionnel de prévention : l'exposition est déclarée à partir de 100 nuits par an, ou de 30 nuits en équipes successives alternantes (article D. 4163-2). Pour organiser les rotations, le simulateur de planning d'équipe compare 2×8, 3×8 et 5×8.

Rappels en dehors de l'horaire et déplacements

L'ouvrier ou l'employé rappelé à titre exceptionnel après avoir quitté l'établissement reçoit une indemnité forfaitaire égale à une fois son salaire horaire, deux fois si le rappel a lieu entre 21 heures et 5 heures, trois fois un dimanche ou un jour férié, en plus des majorations d'heures supplémentaires et du remboursement de ses frais (article 42). Pour les déplacements, l'article 48 fixe des forfaits exprimés en minimum garanti : 4 fois le minimum garanti pour un repas pris hors de l'entreprise et 16 fois pour une nuit hors du domicile pour les ouvriers, employés et agents de maîtrise ; 5 et 20 fois pour les cadres.

Sources : avenant n° 19 du 4 avril 2022 relatif au travail de nuit, étendu par arrêté du 14 décembre 2022 ; article 73 dans sa rédaction de l'avenant n° 29 ; articles 42 et 48 du texte de base ; consultés le 1er octobre 2026. Le minimum garanti est fixé par décret ; sa valeur n'est pas reproduite ici.

7. Durée du travail, heures supplémentaires et forfaits

La durée de référence est de 35 heures par semaine. L'article 62 encadre plus strictement que la loi la durée moyenne : pas plus de 45 heures en moyenne sur 12 semaines consécutives, 48 heures au plus sur une semaine, 10 heures par jour, portées à 12 heures à titre exceptionnel, et une amplitude de 13 heures. Le repos quotidien est de 11 heures, ramené à 9 heures en cas de surcroît exceptionnel. Dès 6 heures de travail, une pause de 20 minutes est due ; les ouvriers qui ne travaillent pas en équipes successives et restent plus de 6 heures d'affilée à leur poste ont droit à une pause payée d'une demi-heure.

SalariésContingent annuelMajorations
Personnel en général188 heuresTaux légaux (25 % puis 50 %) ; au-delà du contingent, contrepartie obligatoire en repos de 50 % (jusqu'à 20 salariés) ou 100 %
Itinérants non cadres220 heures (contingent réglementaire)Taux légaux
Chauffeurs-livreurs350 heures : 220 heures « obligatoires » + 130 heures « choisies »Taux légaux jusqu'à 220 h ; entre 220 et 350 h, heures refusables sans motif, majorées de 30 % puis 50 %
Jour de repos hebdomadaire ou jour férié—Heures supplémentaires majorées de 100 % (art. 71)

Sources : articles 62 à 69 et 71 de la convention ; article 69 dans la rédaction de l'avenant n° 10 du 21 mai 2019 sur le contingent des chauffeurs-livreurs, étendu par arrêté du 2 avril 2021 ; consultés le 1er octobre 2026.

La convention donne la priorité au repos compensateur de remplacement : l'établissement décide, après consultation des représentants du personnel, si les heures supplémentaires et leur majoration sont payées ou converties en repos, à prendre dans les 6 mois. Le contingent annuel prévu par l'article L. 3121-30 est fixé à 188 heures pour la plupart des salariés, avec les majorations légales de l'article L. 3121-36. Le calculateur d'heures supplémentaires chiffre une semaine chargée ; pour un chauffeur-livreur dans son contingent « choisi », remplacez simplement le taux de 25 % par 30 %.

Forfait jours des cadres : 218 jours

Pour les cadres autonomes : convention écrite, document de contrôle mensuel, entretien annuel sur la charge de travail, commission de suivi. Rémunération supérieure à la REMM du niveau, en douze mensualités, plus le 13e mois et la prime de vacances.

Itinérants non cadres : 215 jours ou 1 833 heures

Forfait jours ouvert au niveau V (animation en boulangerie, vente, conseil en élevage, QHSE multisite), avec un salaire de base supérieur d'au moins 10 % au minimum du niveau V ; ou forfait annuel de 1 833 heures au plus.

Les règles légales de suivi du forfait jours, notamment le droit à la déconnexion de l'article L. 3121-64, s'appliquent en plus : l'arrêté d'extension de 2018 impose que les modalités de ce droit soient fixées par accord d'entreprise ou, à défaut, par l'employeur. Le temps partiel (article 66) est ouvert sur demande après 2 ans d'ancienneté ; les horaires changent avec 7 jours ouvrés de prévenance, et les heures complémentaires peuvent aller jusqu'au tiers de la durée prévue au contrat. Le compte épargne-temps de l'article 67 est plafonné à 90 jours, et les chauffeurs-livreurs voient leur temps d'attente au chargement ou au déchargement payé au-delà de 30 minutes par opération (article 74).

8. Congés payés, jours fériés et congés pour événements familiaux

Les congés payés suivent le régime légal de 2,5 jours ouvrables par mois de travail, soit 30 jours par an (article L. 3141-3). La convention ajoute ses propres règles : la période de prise comprend toujours le 1er mai-31 octobre, le congé principal doit compter trois semaines continues, et un fractionnement imposé par l'employeur donne un jour ouvrable de plus. Un salarié rappelé pendant ses congés reçoit 2 jours ouvrés supplémentaires et le remboursement de ses frais. Le pont chômé et non récupéré ne donne lieu à aucune retenue.

Sur la maladie, la convention assimile à du travail effectif 2 mois d'absence par période de référence, et un an pour un accident du travail ou une maladie professionnelle. Depuis 2024, la loi va plus loin pour la maladie ordinaire : l'article L. 3141-5-1 fait acquérir 2 jours ouvrables par mois d'arrêt, dans la limite de 24 jours par an. Le simulateur de congés payés fait le décompte. Le jour férié travaillé à titre exceptionnel suit le régime du 1er Mai (article 71).

ÉvénementConvention (art. 77)Minimum légal (L. 3142-4)Ce qui s'applique
Mariage, remariage ou PACS du salarié5 jours4 joursConvention
Mariage d'un enfant1 jour1 jourIdentique
Naissance ou adoption3 jours3 joursIdentique
Décès du conjoint, du partenaire, du concubin, d'un parent, d'un beau-parent, d'un frère ou d'une sœur3 jours3 joursIdentique
Décès d'un beau-frère, d'une belle-sœur, d'un grand-parent ou d'un petit-enfant1 jour—Convention
Décès d'un enfant de 25 ans ou plus / de moins de 25 ans ou lui-même parent12 jours / 14 jours12 jours / 14 joursIdentique
Annonce du handicap, d'une pathologie chronique ou d'un cancer chez un enfant5 jours10 joursLoi : 10 jours
Journée défense et citoyenneté1 jour—Convention

Sources : articles 70, 71, 75 à 77 de la convention, article 77 dans la rédaction de l'avenant n° 29 du 20 mai 2025 ; article L. 3142-4 du code du travail, version issue de la loi n° 2026-492 du 12 juin 2026 ; consultés le 1er octobre 2026. Jours ouvrables.

L'article 77 a été mis à jour en 2025, avant la loi du 12 juin 2026 qui a porté à 10 jours le congé pour l'annonce du handicap, d'une pathologie chronique ou d'un cancer chez un enfant : sur ce point, c'est le minimum légal qui s'impose. La convention précise elle-même que ses congés ne se cumulent pas avec ceux de la loi pour le même objet. Elle rappelle aussi le congé de deuil de 8 jours, pris en charge par l'assurance maladie, après le décès d'un enfant de moins de 25 ans (article L. 3142-1-1). Enfin, à partir du cinquième mois de grossesse, les salariées peuvent quitter le travail 5 minutes avant le reste du personnel, et les mères qui allaitent disposent d'une demi-heure le matin et d'une demi-heure l'après-midi pendant un an (article 72).

9. Maladie, accident du travail et prévoyance

En cas d'arrêt de travail pris en charge par la Sécurité sociale, l'article 50 et l'annexe III garantissent une garantie de ressources, indemnités journalières comprises, dès 8 mois continus d'ancienneté. Le complément démarre au quatrième jour d'arrêt, et dès le premier jour en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle. La loi est nettement moins favorable : elle exige un an d'ancienneté, applique 7 jours de carence et verse 90 % puis les deux tiers du brut (article L. 1226-1).

Ancienneté100 % du salaire de référence75 % du salaire de référence
8 mois à 15 ansdu 4e au 90e jourdu 91e au 180e jour
Plus de 15 ans jusqu'à 23 ansdu 4e au 180e jour—
Plus de 23 ansdu 4e au 180e jourdu 181e au 190e jour

Source : article 50 et annexe III « garantie de ressources » (version du 1er janvier 2023, issue de l'avenant n° 21 du 29 juin 2022, étendu par arrêté du 13 décembre 2022) ; intervention au premier jour en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle ; consultés le 1er octobre 2026.

Le salaire de référence est le brut des 12 mois précédant l'arrêt, 13e mois et prime de vacances compris, dans la limite de la tranche B. L'indemnisation ne peut pas dépasser le net que le salarié aurait touché en travaillant. En cas d'arrêts successifs, le maximum s'apprécie par année civile, ou sur 12 mois glissants pour les agents de maîtrise et les cadres. La convention protège aussi l'emploi : le remplacement définitif d'un salarié malade est exclu pendant 3 mois d'arrêt indemnisé, 4 mois après 5 ans de présence, 5 mois après 10 ans et 6 mois après 15 ans (article 49). Le simulateur d'indemnités journalières estime la part de la Sécurité sociale.

Prévoyance obligatoire

Chaque entreprise souscrit, auprès de l'organisme de son choix, des garanties au moins égales à l'annexe IV : incapacité à 66 % du brut sous déduction des indemnités journalières, en relais de la garantie de ressources ; invalidité à 60 % (2e catégorie) ou 66 % (3e catégorie) ; part salariale plafonnée à 0,30 % du salaire brut.

Décès et rentes

Capital décès de 150 % du salaire annuel de référence (célibataire, veuf, divorcé) ou 200 % (marié, pacsé, concubin), doublé en cas d'accident ; frais d'obsèques jusqu'à un plafond mensuel de la Sécurité sociale ; rente éducation de 6 % puis 8 % du salaire par enfant ; rente handicap de 500 € par mois.

Pour les frais de santé, la convention renvoie à l'accord collectif national du 18 novembre 2014 sur les garanties complémentaires dans la coopération agricole et les branches des industries agroalimentaires, dont le tableau de garanties n'est pas reproduit dans la base des conventions collectives. Un salarié qui n'a pas encore l'ancienneté de la garantie de ressources n'est pas pour autant sans protection : l'incapacité de travail de la prévoyance démarre alors après 180 jours d'arrêt continu.

Source : article 53 et annexe IV « régime de prévoyance complémentaire », points I à XI, du texte de base ; consultés le 1er octobre 2026.

Publicité

10. Période d'essai, préavis et indemnité de licenciement

Les règles d'entrée et de sortie sont fixées par catégorie : ouvriers et employés, agents de maîtrise et techniciens, cadres. La période d'essai se compte en travail effectif, et son renouvellement doit être prévu dans la lettre d'engagement ou le contrat, puis accepté expressément par le salarié. Les durées restent dans les plafonds légaux des articles L. 1221-19 et L. 1221-21. Un stage de fin d'études effectué dans l'entreprise réduit l'essai, de moitié au plus, ou en totalité si l'embauche porte sur les mêmes missions.

CatégoriePériode d'essai (art. 31)Durée maximale, renouvellement comprisPréavis de démission ou de licenciement (art. 55)
Ouvriers et employés2 mois3 mois1 mois ; 2 mois après 2 ans de présence
Agents de maîtrise et techniciens3 mois5 mois2 mois, sauf accord des parties
Cadres4 mois6 mois3 mois, sauf accord des parties

Source : texte de base, articles 31, 54, 55 et 57 ; article 55 étendu sous réserve que la durée négociée ne soit pas plus courte que celle de l'article L. 1234-1 (arrêté du 9 mai 2018) ; consultés le 1er octobre 2026.

La rupture de l'essai obéit aux délais de prévenance légaux de l'article L. 1221-25 ; si l'employeur notifie trop tard, la part du délai qui dépasse la fin de l'essai est payée, sans prolonger le contrat. Le préavis est le même pour la démission et le licenciement. L'« accord particulier » prévu pour les agents de maîtrise et les cadres ne peut pas descendre sous le préavis légal de l'article L. 1234-1. Pendant le préavis, le salarié peut s'absenter jusqu'à 50 heures par mois pour chercher un emploi, heures payées sauf en cas de démission ; s'il est licencié et retrouve un poste, il peut partir sans payer le reste du préavis. Le calculateur de préavis donne la date de fin du contrat.

Indemnité de licenciement : un barème au-dessus de la loi

L'article 56 accorde une indemnité dès 8 mois de présence continue, sauf faute grave ou lourde, aux salariés licenciés avant l'âge d'une retraite à taux plein. Elle se calcule par année complète, en additionnant des tranches dont le taux varie selon la catégorie. Pour les ouvriers et employés, elle n'est pas plafonnée ; pour les agents de maîtrise, elle est limitée à 12 mois de salaire, et pour les cadres à 20 mois, avec une majoration de 10 % pour le cadre de 50 ans révolus. Le salaire de référence est la moyenne des trois derniers mois pour les ouvriers et agents de maîtrise, le dernier mois pour les cadres, sans pouvoir être inférieur au douzième des douze derniers mois, 13e mois et prime de vacances compris au prorata.

Années de présenceOuvriers, employésAgents de maîtriseCadres
de la 1re à la 5e4/15 de mois4/155/15
de la 6e à la 10e4/154/157/15
de la 11e à la 15e5/155/1510/15
de la 16e à la 20e5/156/1513/15
de la 21e à la 30e6/157/1514/15
à partir de la 31e6/157/1515/15
Plafondaucun12 mois20 mois

Source : article 56 dans la rédaction de l'avenant n° 29 du 20 mai 2025, qui précise que les tranches se cumulent ; comparaison avec l'article R. 1234-2 du code du travail ; calculs par nos soins.

Comparée à l'indemnité légale de l'article L. 1234-9, un quart de mois par année jusqu'à 10 ans puis un tiers au-delà, la convention est plus favorable en années pleines dans toutes les catégories, nettement pour les cadres : 4 mois de salaire à 10 ans contre 2,5 mois. Seuls deux cas renversent la comparaison : les mois d'une année incomplète, que la loi compte au prorata, et l'agent de maîtrise de très longue ancienneté, que le plafond de 12 mois rattrape vers 39 ans de présence.

Exemple : un agent de silo licencié après 12 ans

Ouvrier, 12 années complètes, salaire de référence de 2 200 €. Convention : 5 × 4/15 + 5 × 4/15 + 2 × 5/15 = 3,33 mois, soit 7 333,33 €. Loi : 10 × 1/4 + 2 × 1/3 = 3,17 mois, soit 6 966,67 €. C'est la convention qui s'applique, avec 366,67 € de plus. Le simulateur de la section 4 refait le calcul pour votre catégorie ; l'outil d'indemnité de licenciement traite aussi la rupture conventionnelle.

En cas de licenciement économique, l'article 58 ajoute des garanties propres à une branche où les logements de fonction ont existé : le logement est libéré dans un délai de 6 mois au plus, et les salariés de 60 à 65 ans sont relogés ou maintenus dans les lieux jusqu'à leur départ en retraite. Le salarié licencié pour motif économique bénéficie d'une priorité de réembauche d'un an s'il en fait la demande (article 29), et la commission paritaire nationale de l'emploi doit être informée du licenciement dans le mois. La clause de non-concurrence, si le contrat en prévoit une, ouvre droit à la contrepartie indiquée dans la section 5.

11. Départ et mise à la retraite : le minimum légal sert de plancher

Le salarié qui part à la retraite de sa propre initiative prévient son employeur un mois à l'avance avant 2 ans d'ancienneté, deux mois au-delà, quelle que soit sa catégorie. L'article 60 prévoit une indemnité de départ calculée sur l'ancienneté dans l'entreprise, par tranches qui ne se cumulent pas : on retient la ligne correspondant à l'ancienneté totale. Elle est aussi due en cas de départ anticipé (carrière longue, handicap, incapacité permanente) si le salarié demande la liquidation de sa retraite complémentaire, et reste acquise après une cessation d'activité pour maladie ou invalidité de 5 ans au plus.

AnciennetéOuvriers, employés, agents de maîtrise (art. 60)Cadres (art. 60)Minimum légal (D. 1237-1)
1 à 5 ans1/10 de mois1/10 de moisaucun
6 à 10 ans1/10 de mois1 mois1/2 mois à 10 ans
11 à 15 ans2/10 de mois2 mois1 mois à 15 ans
16 ans et plus2/10 de mois1 mois + 2/10 de mois par année à compter de la 10e1,5 mois à 20 ans, 2 mois à 30 ans

Sources : article 60 dans la rédaction de l'avenant n° 29 du 20 mai 2025, étendu par arrêté du 3 juillet 2026 ; avenant n° 2 du 24 mai 2017 (préavis) ; article D. 1237-1 du code du travail ; consultés le 1er octobre 2026.

Un barème que l'État n'a étendu que sous réserve

L'article 60 précise que certaines valeurs, imprimées en gras dans le texte signé, ne se multiplient pas par le nombre d'années ; cette mise en forme n'est pas reproduite dans la base officielle, ce qui rend la lecture exacte de la grille incertaine. Surtout, l'arrêté du 3 juillet 2026 étend l'article « sous réserve du respect » de l'article D. 1237-1, en relevant que les indemnités mentionnées ne respectent pas les seuils minimaux du code du travail. Le salarié reçoit donc au moins l'indemnité légale de départ prévue par l'article L. 1237-9.

La mise à la retraite à l'initiative de l'employeur est régie par la loi (article 61) : elle n'est possible que dans les conditions de l'article L. 1237-5, avec l'accord du salarié avant 70 ans, et ouvre droit au moins à l'indemnité légale de licenciement (article L. 1237-7). Pour vérifier la date à laquelle vous pouvez partir, le simulateur d'âge légal de départ tient compte de votre année de naissance ; un congé de fin de carrière peut aussi être financé par le compte épargne-temps, pour 3 à 6 mois.

Publicité

Questions fréquentes sur la convention de la meunerie et de la transformation des grains

Les questions ci-dessous reprennent les points les plus recherchés sur la convention : grille, champ d'application, primes, travail de nuit, préavis et indemnités. Les réponses renvoient aux articles cités plus haut, dans leur version applicable au 1er octobre 2026.

La grille en vigueur est celle de l'avenant n° 30 du 9 février 2026, applicable depuis le 1er février 2026 et étendu par arrêté du 4 mai 2026. Pour 151,67 heures par mois, la rémunération mensuelle minimum va de 1 871,06 € brut au niveau I à 5 055,07 € au niveau IX, avec deux échelons au niveau VI (2 608,23 € puis 2 801,77 € après 8 mois sur le poste). Aucun niveau n'est sous le SMIC du 1er juin 2026, mais le niveau I ne le dépasse que de 4,04 €. Les positions B et C ajoutent de 20 € à 300 € selon le niveau.

L'article 1er vise les employeurs dont l'activité exclusive ou principale est la meunerie, la semoulerie, la rizerie ou la fabrication d'aliments pour animaux, et présume couverts les codes NAF 10.61A, 10.61B et 10.91Z. La malterie n'est pas citée. Une coopérative agricole de céréales ou d'aliments du bétail applique la convention des coopératives (IDCC 7002) et un fabricant de céréales pour le petit déjeuner celle des industries alimentaires diverses (IDCC 3109).

Oui. L'article 41 accorde un 13e mois égal au salaire de base mensuel à tout salarié dont le contrat est en cours au 31 décembre et qui a au moins 6 mois d'ancienneté, au prorata en cas d'année incomplète, versé au plus tard en janvier. L'article 79 prévoit une prime de vacances payée en juin : 350 € brut pour 30 jours ouvrables de congés acquis depuis l'avenant n° 18 du 12 janvier 2022, au prorata des congés acquis et du temps partiel.

Pas pour tous les salariés. Depuis le 1er juin 2026, l'article 40 réécrit par l'avenant n° 31 fixe le montant de la prime quand elle existe : au moins 1 % de la rémunération mensuelle minimum du niveau à 3 ans, 2 % à 6 ans, 3 % à 9 ans et 4 % à 12 ans. Mais depuis l'avenant n° 5 de 1999 sur la réduction du temps de travail, les primes atteintes peuvent être figées, et les salariés qui ne la percevaient pas à cette date, comme les nouveaux embauchés, peuvent ne pas en bénéficier.

Tout salarié qui travaille au moins 4 heures entre 21 heures et 6 heures reçoit une indemnité de panier égale à 1,5 fois le minimum garanti, et ses heures effectuées entre 21 heures et 6 heures sont majorées de 30 % sur la base de son taux horaire hors primes (article 73). Le travailleur de nuit au sens du code du travail a en plus un repos de compensation égal à 2 % des heures de nuit, une pause payée et la limite de 8 heures par nuit, portée à 10 heures par dérogation.

Le préavis est d'un mois pour les ouvriers et employés, deux mois après 2 ans de présence, de deux mois pour les agents de maîtrise et de trois mois pour les cadres. L'indemnité de licenciement est due dès 8 mois de présence : par année complète, de 4/15 à 6/15 de mois pour les ouvriers et employés, de 4/15 à 7/15 pour les agents de maîtrise (12 mois au plus) et de 5/15 à 15/15 pour les cadres (20 mois au plus, majorés de 10 % à 50 ans). En années pleines, ce barème dépasse l'indemnité légale de l'article R. 1234-2.

Sources officielles

Toutes les valeurs de cette page ont été relues le 1er octobre 2026 dans le texte intégral de la convention et de ses avenants, tel que diffusé en données ouvertes par la Direction de l'information légale et administrative, dans les arrêtés et avis publiés au Journal officiel et dans la nomenclature de l'INSEE. Nous ne publions ni l'effectif de la branche, ni le nom des organismes assureurs, ni le montant du minimum garanti, ni le détail des garanties de frais de santé, faute de version officielle consolidée lisible.

Publicité