Module 1 / 4 · Sommaire complet de la formation convoi exceptionnel
1.3 Déclaration préalable et autorisation préfectorale de transport exceptionnel
Un convoi exceptionnel ne part jamais sans titre. Selon sa catégorie et le réseau emprunté, ce titre est une déclaration préalable ou une autorisation délivrée par arrêté du préfet. Ce chapitre explique qui délivre quoi, sous quelle forme, pour combien de temps, dans quels délais, et ce qui doit se trouver à bord le jour du transport.
Du dossier au départ : les grandes étapes
Catégorie selon la caractéristique la plus forte, puis choix du réseau ou de l'itinéraire.
Déclaration préalable ou demande d'autorisation, par la téléprocédure du ministère.
Déclaration : circulation 2 jours ouvrés après le récépissé. Autorisation : 15 jours à 2 mois.
Autorisation ou récépissé, avec le cahier des prescriptions techniques, présentés à tout contrôle.
Qui délivre l'autorisation : le préfet du département de départ
L'article R433-2 du Code de la route confie l'autorisation au préfet, qui la délivre par arrêté. Le préfet compétent est celui du département de départ. Pour un transport venant de l'étranger, c'est le préfet du département d'entrée en France.
Quand le trajet traverse plusieurs départements, l'autorisation reste délivrée par un seul préfet, mais après accord des préfets concernés. Un convoi qui traverse plusieurs départements n'a donc besoin que d'une seule autorisation.
L'instruction proprement dite est assurée par le service instructeur du département, selon l'expression de l'arrêté du 4 mai 2006 (articles 7 et 8). Selon la demande, c'est celui du département de départ, du siège social ou du réseau concerné. L'arrêté ne désigne pas une administration particulière : l'organisation varie d'un territoire à l'autre. Les coordonnées du service compétent figurent sur le site de chaque préfecture.
La déclaration préalable : le régime allégé de la 1re catégorie
Depuis la réforme du 7 juin 2019, l'article 2 bis de l'arrêté permet aux convois de 1re catégorie de circuler sous simple déclaration préalable, à condition de rester sur le réseau dit « 1TE ». Les raccordements d'entrée et de sortie de ce réseau sont admis, dans la limite de 20 km chacun.
La logique est celle d'un contrôle a priori allégé. Le transporteur déclare son convoi ; l'administration lui délivre un récépissé. La circulation est possible deux jours ouvrés après la délivrance du récépissé, et le préfet peut s'opposer à la déclaration dans ce même délai de deux jours ouvrés.
La déclaration est valable trois ans suivant le lendemain de la date de son dépôt. Elle couvre des trajets répétés sur le réseau 1TE, sans nouvelle démarche à chaque voyage.
Convoi de 1re catégorie, sur le réseau 1TE et ses raccordements de 20 km au plus.
Convoi de 2e ou 3e catégorie, ou convoi de 1re catégorie qui sort du réseau 1TE.
L'autorisation individuelle : au voyage ou permanente, trois ans au plus
Pour tous les autres cas, il faut une autorisation individuelle. L'article 3 de l'arrêté lui donne trois formes possibles :
| Forme | Ce qu'elle permet |
|---|---|
| Au voyage | Un nombre de voyages défini dans l'autorisation. |
| Permanente sur itinéraire précis | Des voyages en nombre illimité, sur un itinéraire décrit dans l'arrêté. |
| Permanente sur réseau préétabli | Des voyages sur un réseau départemental ou national, sans itinéraire unique. |
Quelle que soit sa forme, l'autorisation est accordée pour « une durée déterminée qui ne peut excéder trois ans » (R433-2 et article 3 de l'arrêté). Il n'existe pas d'autorisation à vie : une autorisation permanente est permanente pendant sa durée de validité, pas au-delà.
Une même autorisation peut couvrir jusqu'à trois types de convois similaires, qui ne diffèrent que d'un essieu en plus ou en moins. C'est utile pour un transporteur qui adapte sa remorque au chargement.
Toutes les formes ne sont pas ouvertes à toutes les catégories (articles 3-1 à 3-3) :
- 1re catégorie : réseau départemental, réseau 1TE, itinéraire précis, raccordements.
- 2e catégorie : réseau départemental, réseaux 2TE48 ou TE72, itinéraire précis, raccordements.
- 3e catégorie : itinéraire précis, au voyage ou permanent, réseaux TE72, TE94 et TE120, réseau départemental, raccordements.
Deux régimes particuliers : portée locale et transporteurs étrangers
L'autorisation de portée locale (APL)
Certains besoins sont locaux et permanents : une scierie qui reçoit des grumes, un chantier qui déplace ses engins, une zone portuaire qui fait circuler des conteneurs. Pour eux, l'article R433-3 et l'article 4 de l'arrêté prévoient une autorisation de portée locale, fixée par arrêté préfectoral et publiée.
Elle vise des familles de transports limitativement énumérées : pièces indivisibles de grande longueur, bois en grume, engins de travaux publics et grues automotrices, conteneurs. Les grues mobiles automotrices comptent ainsi parmi les engins qui peuvent en relever ; leurs règles de conduite et d'utilisation sont présentées dans la formation grutier.
Les pétitionnaires étrangers
L'article 5 de l'arrêté distingue deux cas. Les transporteurs établis dans un État de l'Espace économique européen ou en Suisse ont accès aux mêmes régimes que les transporteurs français. Ceux des autres États n'ont accès qu'aux autorisations sur itinéraire précis.
Délais d'instruction et téléprocédure
Les délais d'instruction sont fixés par l'arrêté et dépendent de la complexité de la demande. Ils conditionnent directement le planning d'un chantier ou d'une livraison : une demande déposée trop tard décale le transport.
Autorisations permanentes sur réseau, et itinéraires précis dans un seul département.
Dans les autres cas ; porté à 2 mois si les consultations sont nombreuses.
Jours ouvrables ajoutés pour une demande envoyée par voie postale.
Les démarches se font en ligne. La téléprocédure du ministère, Mon transport exceptionnel, service de la Direction de la sécurité et de la circulation routière, permet de déposer les déclarations préalables (1re catégorie) et les demandes d'autorisation (2e et 3e catégories), de suivre leur instruction et de télécharger les autorisations. Le service est gratuit.
L'arrêté du 4 mai 2006, dans sa version consolidée, définit encore la téléprocédure sous son ancien nom, TEnet : « une application accessible par internet permettant le dépôt des déclarations préalables et des demandes, l'instruction des demandes et la délivrance des récépissés et des autorisations de transport exceptionnel ».
Le jour du transport : documents de bord et information des gestionnaires
À bord, le convoi transporte son titre : l'arrêté d'autorisation ou le récépissé de déclaration. S'y ajoute le cahier des prescriptions techniques (CPTE) associé au réseau et à la catégorie, qui, selon l'arrêté, « fait partie des documents de bord du convoi ». C'est dans ces documents que figurent les conditions à respecter : itinéraire, horaires, vitesses particulières, accompagnement.
L'enjeu est concret. L'article R433-1 prévoit que lorsque le conducteur ne peut présenter l'arrêté d'autorisation préfectorale ou n'en respecte pas les dispositions, l'immobilisation du véhicule peut être prescrite. Les sanctions sont détaillées au chapitre 4.3.
Lorsque l'autorisation le prévoit, les gestionnaires de voirie sont informés deux jours ouvrables avant le passage du convoi (article 11 bis). Cela leur permet de prendre les mesures nécessaires sur leurs routes et leurs ouvrages.
La préparation administrative relève souvent de l'exploitation, mais c'est le conducteur qui présente les documents au contrôle et qui applique les prescriptions sur la route. Le parcours pour devenir conducteur de ces convois est décrit sur la page devenir chauffeur de convoi exceptionnel.
Réflexes terrain du module 1
Sources
- Code de la route, articles R433-1, R433-2, R433-2-1 et R433-3 — Légifrance
- Arrêté du 4 mai 2006 modifié relatif aux transports exceptionnels, articles 2, 2 bis, 3 à 3-3, 4, 5, 7 à 9 et 11 bis — Légifrance
- Téléprocédure « Mon transport exceptionnel » — entreprendre.service-public.gouv.fr
À retenir
- L'autorisation est délivrée par arrêté du préfet du département de départ (d'entrée pour un transport venant de l'étranger), après accord des préfets traversés.
- La déclaration préalable est réservée à la 1re catégorie sur le réseau 1TE : circulation 2 jours ouvrés après le récépissé, validité 3 ans.
- L'autorisation peut être au voyage, permanente sur itinéraire ou permanente sur réseau ; jamais plus de 3 ans.
- Délais d'instruction : 15 jours, 1 mois ou 2 mois, plus 10 jours ouvrables par courrier.
- Démarches par la téléprocédure du ministère, Mon transport exceptionnel, gratuite.
- À bord : arrêté ou récépissé et CPTE ; sans eux, l'immobilisation du véhicule peut être prescrite.