FIMO marchandises : le programme
Santé, sécurité routière et sécurité environnementale

Module 3 / 4  ·  Sommaire complet de la formation

Module 3 : Santé et sécurité routière 22 min de lecture

3.1 Fatigue, hypovigilance, alcool et stupéfiants au volant

Le thème 3 de la FIMO (28 heures) s'intitule « santé, sécurité routière et sécurité environnementale ». Il commence par le conducteur lui-même : « la prévention des risques physiques, notamment de l'hypovigilance », « l'aptitude physique et mentale », et « les effets de la consommation d'alcool et de produits stupéfiants ».

La directive (UE) 2022/2561 précise l'objectif : connaître les principes d'une alimentation saine, les effets de l'alcool, des médicaments et de toute substance qui modifie le comportement, les causes et effets de la fatigue et du stress, et le « rôle fondamental du cycle de base activité/repos ».

Les signaux d'alerte de l'hypovigilance

Paupières lourdes, yeux qui piquent, regard fixe

Bâillements répétés, besoin de bouger

Trajectoire qui dérive, vitesse irrégulière

Kilomètres « oubliés », panneau manqué

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Hypovigilance : de quoi parle-t-on ?

L'hypovigilance est une baisse de l'état d'éveil et de l'attention. Elle va de la simple lassitude à la somnolence, puis à l'endormissement de quelques secondes, suffisant pour quitter la route avec un véhicule de plusieurs dizaines de tonnes.

Ses causes se cumulent souvent :

  • la dette de sommeil : nuits trop courtes, horaires décalés, repos pris dans de mauvaises conditions ;
  • l'horloge biologique : la vigilance baisse naturellement la nuit et en début d'après-midi ;
  • la monotonie : longues lignes droites d'autoroute, cabine chaude, trafic régulier ;
  • la digestion d'un repas copieux ;
  • certains médicaments et l'alcool, même en faible quantité.

Le point clé du programme : seul le sommeil répare la fatigue. Les « remèdes » (air frais, radio, café) retardent un peu la somnolence sans supprimer le risque.

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Le cycle activité / repos, pilier de la prévention

La réglementation sociale vue au module 2 n'est pas une contrainte administrative : c'est l'outil de prévention de la fatigue. Pauses après 4 h 30 de conduite, repos journalier de 11 heures, repos hebdomadaire de 45 heures : ces durées organisent le « cycle de base activité/repos » que la directive place au cœur du thème 3.

Quelques principes de bon sens complètent le cadre légal :

  • utiliser le repos journalier pour dormir, pas seulement pour s'arrêter ;
  • s'arrêter dès les premiers signes de somnolence, même si une pause vient d'être prise ;
  • une courte sieste lors d'un arrêt peut aider à repartir quand la somnolence apparaît ;
  • signaler à l'exploitation un planning qui ne permet pas de se reposer : l'entreprise doit organiser le travail pour que les règles soient respectées (règlement 561/2006, article 10).

Le thème 3 traite aussi le stress (délais, trafic, relations avec les clients) et ses effets sur l'attention : on y revient au chapitre 4.2.

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Alimentation, hydratation, condition physique

La vie de conducteur routier rend difficile une hygiène de vie régulière : horaires variables, repas pris sur la route, sédentarité au volant suivie d'efforts brusques à la manutention. Le programme y consacre une partie de l'« aptitude physique et mentale ».

Repas

Des repas réguliers et pas trop lourds avant de conduire limitent la somnolence digestive.

Hydratation

Boire de l'eau régulièrement, en particulier par forte chaleur en cabine.

Mouvement

Profiter des pauses pour marcher et s'étirer, et s'échauffer avant de manutentionner.

La partie « prévention des risques physiques » renvoie aussi aux gestes et postures de manutention (objectif 3.3 de la directive). Ils sont traités au chapitre 3.3 avec les accidents à l'arrêt.

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Alcool : les seuils et les sanctions

Le seuil dépend du conducteur, pas du poids du véhicule. L'article R. 234-1 du code de la route fixe deux seuils de contravention de 4e classe :

0,50 g/L de sang (0,25 mg/L d'air)

Conducteur de camion de marchandises qui n'est plus en permis probatoire, comme la plupart des conducteurs.

0,20 g/L de sang (0,10 mg/L d'air)

Conducteur de transport en commun, permis probatoire, apprentissage, permis limité aux véhicules à éthylotest anti-démarrage.

À partir de 0,80 g/L de sang (0,40 mg/L d'air), c'est un délit : depuis la loi n° 2026-798 du 18 août 2026, il est puni de trois ans d'emprisonnement et 9 000 € d'amende, avec la perte de la moitié des points du permis (article L. 234-1).

L'alcool s'élimine lentement et à un rythme qui ne s'accélère pas : un verre de trop la veille au soir peut encore être mesurable au moment de reprendre le volant le matin.

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Stupéfiants et médicaments

Stupéfiants. Conduire après avoir fait usage de substances classées comme stupéfiants, établi par une analyse sanguine ou salivaire, est un délit puni de trois ans d'emprisonnement et 9 000 € d'amende, porté à cinq ans et 15 000 € en cas d'alcoolémie au-dessus des seuils légaux (article L. 235-1, dans sa version issue de la loi du 18 août 2026). Il n'existe pas de seuil de tolérance : la seule présence du produit suffit.

Médicaments. Certains médicaments réduisent la vigilance ou les réflexes. Leur boîte porte un pictogramme en triangle à trois niveaux de risque ; le niveau le plus élevé signifie de ne pas conduire. En cas de traitement, l'avis du médecin ou du pharmacien s'impose, en précisant que l'on conduit un poids lourd.

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Aptitude médicale : le permis lourd sous surveillance

Les catégories C1, C1E, C et CE du permis « ne peuvent être obtenues ou renouvelées qu'à la suite d'un avis médical favorable » (code de la route, article R. 221-10). L'« aptitude physique et mentale » du programme FIMO englobe cette dimension : vue, audition, troubles du sommeil, maladies chroniques et traitements peuvent avoir des conséquences sur le droit de conduire.

La périodicité et le déroulé de ce contrôle sont expliqués dans l'article du site sur la visite médicale du permis C et D.

Ne pas confondre avec la visite d'information et de prévention ou le suivi du salarié par la médecine du travail, qui relèvent du code du travail : ce sont deux suivis distincts.

Alcool au volant d'un camion de marchandises

≥ 0,80 g/L : délit, 3 ans et 9 000 €
0,50 à 0,79 g/L : contravention de 4e classe, 6 points
Sous 0,50 g/L : pas d'infraction, mais une vigilance déjà réduite

Sources

  • Code de la route, articles R. 221-10, R. 234-1, L. 234-1 et L. 235-1 (versions issues de la loi n° 2026-798 du 18 août 2026) — Légifrance
  • Arrêté du 3 janvier 2008, annexe I, thème 3 ; directive (UE) 2022/2561, annexe I, objectifs 3.3 et 3.4 — EUR-Lex
  • Règlement (CE) n° 561/2006, article 10 (organisation du travail) — EUR-Lex

À retenir

  • Hypovigilance : dette de sommeil, nuit, monotonie, digestion, médicaments. Seul le sommeil répare.
  • Premiers signes de somnolence : s'arrêter dans un endroit sûr.
  • Les temps de pause et de repos sont l'outil de prévention de la fatigue.
  • Alcool : 0,5 g/L pour le chauffeur de marchandises, 0,2 g/L en transport en commun ou en probatoire.
  • Délit dès 0,8 g/L : 3 ans et 9 000 € depuis la loi du 18 août 2026.
  • Stupéfiants : aucun seuil de tolérance, 3 ans et 9 000 €.

Sommaire de la formation

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