Module 4 / 4 · Sommaire complet de la formation
4.1 Le marché du transport routier de marchandises et ses acteurs
Le thème 4 de la FIMO (14 heures) s'intitule « service, logistique ». Il comprend « l'environnement économique du transport routier de marchandises et l'organisation du marché » : savoir pour qui l'on roule, qui organise le transport et dans quel cadre légal.
La directive (UE) 2022/2561 (objectif 3.7) en donne le contenu : la route face aux autres modes, le compte d'autrui, le compte propre et les activités auxiliaires, l'organisation des entreprises, les spécialisations et les évolutions du secteur.
Qui fait quoi dans une opération de transport
Expéditeur
Remet la marchandise, souvent la charge et l'arrime
Commissionnaire
Organise le transport et choisit le transporteur
Transporteur
Exécute le déplacement avec ses véhicules et conducteurs
Destinataire
Réceptionne, vérifie et formule ses réserves
Compte d'autrui et compte propre
Le premier repère est la distinction entre deux façons d'exercer :
Compte d'autrui (transport public)
Une entreprise de transport déplace, contre rémunération, les marchandises de ses clients. Elle est inscrite au registre et détient une licence (code des transports, R. 3211-1 et R. 3211-12).
Compte propre
Une entreprise industrielle ou commerciale transporte ses propres marchandises, avec ses véhicules et ses salariés, en accessoire de son activité.
Dans les deux cas, le conducteur d'un véhicule de plus de 3,5 tonnes doit être qualifié (FIMO ou équivalent) et respecter les temps de conduite. Ce qui change, c'est le cadre de l'entreprise : licence, documents de transport, convention collective applicable.
Les activités auxiliaires : commissionnaire, affréteur, loueur
Entre le client et le transporteur, d'autres professionnels interviennent :
- le commissionnaire de transport organise le transport pour le compte de son client et le confie à des transporteurs. Le code de commerce le rend garant de l'arrivée des marchandises dans le délai, des avaries et pertes, et des faits du commissionnaire intermédiaire qu'il choisit (articles L. 132-4 à L. 132-6) ;
- l'affréteur confie à un transporteur des chargements qu'il a obtenus de ses clients : c'est une forme de sous-traitance très répandue ;
- le loueur de véhicules industriels avec conducteur met à disposition un camion et son conducteur ; il relève des mêmes règles que le transport public (R. 3211-1).
Le code des transports engage la responsabilité de chacun de ces donneurs d'ordre pour les manquements qui leur sont imputables, notamment s'ils imposent des conditions incompatibles avec la sécurité (article L. 1311-3).
Accéder à la profession de transporteur
Une entreprise de transport public de marchandises ne peut exercer qu'après inscription au registre électronique national des entreprises de transport par route, tenu par le préfet de région. Le règlement (CE) n° 1071/2009 pose quatre conditions : un établissement stable, l'honorabilité, la capacité financière et la capacité professionnelle.
La capacité professionnelle est portée par un gestionnaire de transport, titulaire d'une attestation de capacité. Ce n'est pas le rôle du conducteur, mais un conducteur expérimenté peut y évoluer : la formation gestionnaire de transport et capacité professionnelle du site prépare cet examen.
L'inscription ouvre droit à une licence communautaire dès qu'un véhicule dépasse 3,5 tonnes, dont une copie conforme accompagne chaque véhicule (voir le chapitre 2.4).
Les spécialités du transport routier
La directive cite plusieurs spécialisations, qui ajoutent chacune des règles et parfois des formations :
| Spécialité | Ce qui change pour le conducteur |
|---|---|
| Citerne (vrac liquide) | Ballant du liquide au freinage et en courbe, centre de gravité haut |
| Température dirigée | Surveillance du groupe froid, relevés de température, délais serrés |
| Marchandises dangereuses | Formation et certificat ADR du conducteur, documents, signalisation, itinéraires |
| Transport d'animaux vivants | Règles de bien-être animal, durées et soins pendant le voyage |
| Convoi exceptionnel | Autorisation préfectorale, itinéraire imposé, véhicules d'accompagnement |
Le site propose des formations sur deux de ces spécialités : ADR, transport de matières dangereuses et convoi exceptionnel et véhicule pilote.
La route face aux autres modes
Le programme demande de situer « les transports routiers par rapport aux autres modes de transport ». La route se distingue par sa souplesse : elle livre de porte à porte, sans rupture de charge, avec des délais courts. Le rail, le fluvial et le maritime transportent de grandes quantités sur de longues distances, avec moins d'émissions par tonne transportée, mais exigent des terminaux et un pré- et post-acheminement.
D'où les solutions combinées citées par la directive (« rail-route ») : la caisse mobile ou la semi-remorque fait le trajet principal en train, et le camion assure les premiers et derniers kilomètres. Le code de la route en tient compte : un ensemble qui transporte un conteneur en opération de transport intermodal bénéficie de masses spécifiques (article R. 312-4, II).
Pour le conducteur, ces évolutions se traduisent par plus de livraisons urbaines, des créneaux de livraison imposés et une part croissante de sous-traitance, autant de sujets traités au chapitre suivant sous l'angle de la qualité de service.
Le métier dans ce paysage
Selon l'entreprise qui l'emploie, le conducteur ne fait pas le même métier : longue distance avec découchés, régional, messagerie avec tournées, spécialités. Ces différences se retrouvent dans la réglementation (catégories de personnels roulants, chapitre 2.3) et dans la convention collective.
- la fiche métier chauffeur poids lourd décrit les missions et les parcours d'accès ;
- la fiche métier chauffeur super poids lourd présente la conduite des ensembles articulés ;
- le portail des outils pour les routiers réunit les calculateurs du site (temps de conduite, frais de route, chargement).
Les rémunérations et les primes dépendent de la convention collective et de l'entreprise ; elles ne sont pas l'objet de la FIMO.
Un transport combiné rail-route, étape par étape
Enlèvement chez l'expéditeur par camion
Chargement de l'unité sur le train au terminal
Trajet principal par le rail
Livraison finale par camion
Sources
- Code des transports, articles L. 1311-3, R. 3211-1 et R. 3211-12 ; code de commerce, articles L. 132-3 à L. 132-6 ; code de la route, article R. 312-4 — Légifrance
- Règlement (CE) n° 1071/2009 (accès à la profession) ; directive (UE) 2022/2561, annexe I, objectif 3.7 — EUR-Lex
- Arrêté du 3 janvier 2008, annexe I, thème 4 — Légifrance
À retenir
- Compte d'autrui : transport rémunéré pour des clients, entreprise inscrite au registre et titulaire d'une licence.
- Compte propre : l'entreprise transporte ses propres marchandises, en accessoire de son activité.
- Le commissionnaire organise et répond des délais, pertes et avaries (L. 132-4 à L. 132-6).
- Accès à la profession : établissement, honorabilité, capacité financière, capacité professionnelle.
- Spécialités : citerne, froid, ADR, animaux, convoi exceptionnel.
- Tous les donneurs d'ordre répondent de leurs manquements à la sécurité (L. 1311-3).
Ressources liées
Sommaire de la formation
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