FIMO marchandises : le programme
Application des réglementations

Module 2 / 4  ·  Sommaire complet de la formation

Module 2 : Réglementations 25 min de lecture

2.4 Documents de bord, lettre de voiture et réserves

La seconde partie du thème 2 porte sur « la réglementation applicable aux différentes composantes du secteur du transport de marchandises » et sur « les différents contrats et documents de transport nécessaires à l'acheminement des marchandises ». Pour le conducteur, cela se traduit par des papiers à avoir à bord et des gestes à faire au chargement et à la livraison.

Ce chapitre adopte le point de vue du conducteur. Le contrat de transport vu par l'entreprise (prix, responsabilité, plafonds) est traité dans la formation gestionnaire de transport, chapitre sur le contrat et la CMR.

Les documents de transport à bord (R. 3411-13)

Copie conforme de la licence

Communautaire ou de transport intérieur

Lettre de voiture

Nationale ou internationale (CMR)

Justificatif de location

Si le véhicule est loué

Attestation de conducteur

Conducteur hors EEE, sous licence communautaire

1

Les documents exigés par le code des transports

Selon l'article R. 3411-13 du code des transports, tout véhicule qui exécute en France un transport routier de marchandises est accompagné, sauf dérogations :

  1. du titre administratif de transport : pour une entreprise établie en France, une copie conforme de sa licence ;
  2. de la lettre de voiture nationale ou internationale ;
  3. le cas échéant, du document justifiant la location du véhicule, avec ou sans conducteur ;
  4. de l'attestation de conducteur prévue par le règlement (CE) n° 1072/2009, quand un transport international ou de cabotage est fait sous licence communautaire par un conducteur ressortissant d'un État hors Espace économique européen.

Ces documents s'ajoutent à ceux du conducteur et du véhicule : permis, carte de qualification de conducteur, carte de conducteur pour le tachygraphe, certificat d'immatriculation.

2

Licence communautaire ou licence de transport intérieur

L'inscription d'une entreprise au registre électronique national des entreprises de transport par route donne lieu à la délivrance, par le préfet de région, de licences (article R. 3211-12) :

LicenceQuand
Licence communautaireL'entreprise utilise un ou plusieurs véhicules de plus de 3,5 tonnes
Licence de transport intérieurTransports exclusivement nationaux avec des véhicules de 3,5 tonnes au plus
Licence communautaire « inférieur ou égal à 3,5 tonnes »Transports internationaux dans l'EEE avec des véhicules de plus de 2,5 t et de 3,5 t au plus

La licence est établie au nom de l'entreprise, pour dix ans au plus, et ne se transfère pas. Le conducteur n'en a qu'une copie conforme, propre au véhicule qu'il conduit. Un transport en compte propre (l'entreprise transporte ses propres marchandises) obéit à d'autres règles : le chapitre 4.1 présente ces différences.

3

La lettre de voiture nationale

En transport intérieur, la lettre de voiture « forme un contrat » entre l'expéditeur, le voiturier (le transporteur) et le destinataire (code de commerce, article L. 132-8). L'article L. 132-9 liste ses mentions :

  • elle est datée ;
  • elle exprime la nature et le poids (ou la contenance) des objets, et le délai du transport ;
  • elle indique le commissionnaire éventuel, le destinataire et le transporteur ;
  • elle énonce le prix et l'indemnité due en cas de retard.

Le code des transports y ajoute un document de suivi : le transporteur établit, au fur et à mesure de l'opération, un document signé par le remettant et conservé dans le véhicule, avec les dates et heures d'arrivée et de départ au chargement et au déchargement, et les prestations annexes (article L. 3222-5).

Ces heures servent aussi à justifier les temps d'attente : les noter avec exactitude protège le conducteur et l'entreprise. L'absence de ce document, combinée à certaines infractions graves (vitesse notamment), peut entraîner l'immobilisation du véhicule (article L. 3242-1).
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4

À l'international : la lettre de voiture CMR

Le transport international de marchandises par route relève de la convention de Genève du 19 mai 1956, dite CMR. Sa lettre de voiture :

  • est établie en trois exemplaires originaux signés par l'expéditeur et par le transporteur ; le premier est remis à l'expéditeur, le deuxième accompagne la marchandise, le troisième reste au transporteur (article 5) ;
  • engage le transporteur à vérifier, à la prise en charge, le nombre de colis, leurs marques et numéros, et l'état apparent de la marchandise et de son emballage (article 8 § 1).

S'il ne peut pas vérifier les mentions, ou si l'état apparent est douteux, le transporteur inscrit des réserves motivées sur la lettre de voiture (article 8 § 2). C'est en pratique le conducteur qui le fait au moment du chargement.

5

Les réserves : au départ et à l'arrivée

Au chargement (conducteur)

Emballage abîmé, nombre de colis différent, chargement mal arrimé par l'expéditeur : le conducteur note des réserves précises et motivées sur le document de transport, avant de partir.

À la livraison (destinataire)

En France : protestation motivée dans les 3 jours (jours fériés non compris) par acte extrajudiciaire ou lettre recommandée (L. 133-3 du code de commerce). En CMR : réserves à la livraison pour les dommages apparents, par écrit dans les 7 jours (dimanches et fériés non compris) pour les dommages non apparents (article 30).

Une réserve utile est précise : « 2 palettes sur 18 filmées déchirées, cartons écrasés côté gauche » vaut mieux que « sous réserve de déballage », formule générale qui ne décrit rien.

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6

Cabotage et routes interdites : les autres règles du thème 2

La liste européenne des matières (objectif 2.2) cite aussi les autorisations de transport international, le franchissement des frontières, les péages et l'interdiction d'utiliser certaines routes.

  • Cabotage : un transporteur étranger peut réaliser des transports intérieurs dans un autre État après un transport international, dans des limites fixées par le règlement (CE) n° 1072/2009 modifié : trois opérations en sept jours, puis quatre jours sans cabotage dans le même État avec le même véhicule.
  • Restrictions de circulation : interdictions de week-end ou de jours fériés pour les poids lourds, itinéraires interdits aux matières dangereuses, ponts et tunnels limités en masse ou en hauteur. Elles se vérifient avant le départ.
  • Responsabilité partagée : l'expéditeur, le commissionnaire, l'affréteur, le destinataire ou tout donneur d'ordre répondent des manquements qui leur sont imputables (code des transports, article L. 1311-3).

Les transports de matières dangereuses ajoutent leurs propres documents (document de transport, consignes écrites) : la formation ADR transport de matières dangereuses les détaille.

Le circuit d'une lettre de voiture CMR

1

Établie en 3 originaux, signée par l'expéditeur et le transporteur

2

Vérification des colis et de l'état apparent, réserves motivées

3

Le 2e exemplaire voyage avec la marchandise

4

Livraison : réserves du destinataire, 7 jours pour le non apparent

Sources

  • Code des transports, articles L. 1311-3, L. 3222-5, L. 3242-1, R. 3211-12 et R. 3411-13 — Légifrance
  • Code de commerce, articles L. 132-8, L. 132-9 et L. 133-3 — Légifrance
  • Convention relative au contrat de transport international de marchandises par route (CMR), Genève, 19 mai 1956, articles 5, 8 et 30 — UNIDROIT
  • Règlement (CE) n° 1072/2009 modifié par le règlement (UE) 2020/1055 (cabotage) ; directive (UE) 2022/2561, annexe I, objectif 2.2 — EUR-Lex

À retenir

  • À bord : copie conforme de la licence, lettre de voiture, justificatif de location, attestation de conducteur si besoin.
  • Licence communautaire dès qu'un véhicule dépasse 3,5 t.
  • Le document de suivi (heures d'arrivée et de départ) est conservé dans le véhicule.
  • CMR : 3 originaux, le 2e accompagne la marchandise.
  • Au chargement, le conducteur vérifie l'état apparent et inscrit des réserves motivées.
  • Destinataire : 3 jours en France (L. 133-3), 7 jours en CMR pour le non apparent.

Sommaire de la formation

Contenu relu par le Pôle Sectoriel & Industrie · Politique éditoriale