FIMO et FCO voyageurs : le programme
Conduite rationnelle et sécurité des passagers

Module 1 / 4  ·  Sommaire complet de la formation

Module 1 : Conduite rationnelle 25 min de lecture

1.2 Éco-conduite de l'autocar : la méthode en trois temps

L'éco-conduite est la seule partie de la conduite individuelle que l'arrêté impose de réaliser sur un vrai véhicule et de mesurer : 2 heures sur les 10 de la FIMO, 80 minutes de conduite dans la FCO. Elle consiste à réduire l'incidence de la conduite sur l'environnement, en insistant sur la consommation de carburant.

Le chapitre s'appuie sur l'annexe II (FIMO voyageurs), l'annexe II bis (FCO voyageurs), l'article 5 de l'arrêté du 3 janvier 2008 et les objectifs 1.1 et 1.3 de la directive (UE) 2022/2561.

L'éco-conduite en trois temps successifs

FIMO140 heures

  • 11 h de conduite sur parcours de référence : diagnostic, mesure de la consommation
  • 23 h en salle : techniques pour réduire l'incidence sur l'environnement
  • 31 h de conduite sur le même parcours : nouvelle mesure, bilan

FCO35 heures

  • 140 min de conduite sur parcours de référence, dont 5 min de commentaires
  • 21 h 30 en salle : techniques pour réduire la consommation
  • 340 min de conduite sur le même parcours, comparaison avec le temps 1
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Ce que prévoit l'arrêté : une séquence mesurée

L'annexe II de l'arrêté du 3 janvier 2008 décrit l'éco-conduite de la FIMO voyageurs comme une « application pratique de la conduite axée sur la réduction de l'incidence de la conduite sur l'environnement », en trois temps :

  • Temps 1 : 1 heure de conduite individuelle sur un parcours de référence, dont 5 minutes de commentaires pédagogiques : diagnostic des techniques et du comportement, mesure de la consommation de carburant.
  • Temps 2 : 3 heures de formation en salle sur les techniques qui réduisent l'incidence de la conduite sur l'environnement, en insistant sur l'optimisation de la consommation.
  • Temps 3 : 1 heure de conduite individuelle sur le même parcours, nouvelle mesure, comparaison avec le temps 1 et bilan des améliorations observées.

Les véhicules utilisés doivent être équipés d'un appareil de mesure de la consommation exploitable par le formateur (article 5, I, 4). L'article 2 fixe à 2 heures la part d'éco-conduite dans les 10 heures de conduite individuelle de la FIMO, et ces 2 heures ne peuvent pas se faire sur simulateur.

La FCO suit la même logique avec des durées plus courtes : 40 minutes, 1 heure 30 en salle, 40 minutes (annexe II bis).

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La chaîne cinématique : couple, puissance, zone verte

Le premier objectif de la liste européenne des matières (1.1) est de « connaître les caractéristiques de la chaîne cinématique pour en optimiser l'utilisation ». Trois courbes décrivent un moteur :

CourbeCe qu'elle montreCe qu'on en retient au volant
CoupleLa force de rotation selon le régimeLe moteur « tire » le mieux sur une plage de régime assez basse
PuissanceLe travail fourni par unité de tempsLa puissance maximale arrive haut dans les tours, où l'on consomme beaucoup
Consommation spécifiqueLe carburant brûlé pour produire une même énergieElle est la plus faible dans la zone de couple élevé

Le compte-tours matérialise cette plage par une zone d'utilisation optimale, souvent peinte en vert. Conduire économique, c'est y rester le plus souvent possible, en montant les rapports tôt et en évitant les sur-régimes. Les diagrammes de recouvrement des rapports aident à voir à quel régime on retombe après un changement de rapport.

Le thème 1 mentionne aussi, en toutes lettres, « les différentes possibilités offertes par l'informatique embarquée » : lecture de la consommation, alertes, aides au maintien de vitesse.

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Anticiper et utiliser l'élan

L'objectif 1.3 de la directive liste les leviers d'économie : anticiper les flux de trafic, garder une distance appropriée, utiliser l'élan du véhicule, rouler à vitesse constante, conduire de façon fluide, maintenir une pression appropriée des pneumatiques. Il cite aussi les systèmes de transport intelligents, qui améliorent l'efficacité de la conduite et aident à planifier les itinéraires.

Chaque freinage évitable transforme l'énergie du véhicule en chaleur perdue ; chaque relance la paie en carburant. D'où les réflexes :

  • regarder loin pour lever le pied avant un ralentissement plutôt que freiner tard ;
  • laisser rouler l'autocar à l'approche d'un arrêt, d'un feu ou d'un giratoire ;
  • aborder une côte avec de l'élan plutôt qu'en relançant fort ;
  • garder une distance qui évite les freinages en accordéon.

Avec des passagers à bord, ces gestes ont un second bénéfice : une conduite anticipée est une conduite douce, donc plus confortable et plus sûre pour les personnes debout ou en déplacement (chapitre 1.3). C'est ainsi que l'arrêté la présente : « sûre et économique ».

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Le véhicule aussi consomme : pneus, ralenti, aérodynamique

La conduite n'explique pas tout. Plusieurs facteurs dépendent de l'entretien et des habitudes à l'arrêt :

Pression des pneus

La directive la cite expressément : une pression appropriée limite la résistance au roulement et l'usure. Elle se contrôle selon les préconisations du constructeur.

Moteur au ralenti

Un moteur qui tourne à l'arrêt consomme sans avancer. Le couper pendant les attentes longues, quand les consignes de l'entreprise et le confort des passagers le permettent.

Vitesse constante

Les accélérations et décélérations répétées coûtent du carburant ; un régulateur de vitesse aide sur route dégagée.

Informatique embarquée

Consommation instantanée et moyenne, temps au ralenti : des indicateurs pour progresser d'un trajet à l'autre.

Les flottes de véhicules utilitaires légers disposent d'une formation spécifique : la formation risque routier du site complète ce chapitre côté prévention.

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Boîte automatique et ralentisseur : bien s'en servir

Le thème 1 comprend les « principes d'utilisation d'une boîte de vitesses automatique » (annexe II). La directive demande aussi de savoir adapter les rapports à la charge du véhicule et au profil de la route (objectif 1.7). Sur un autocar récent, la boîte choisit les rapports pour rester dans la zone économique ; le conducteur garde pourtant un rôle :

  • choisir le mode adapté et savoir quand reprendre la main (descente, manœuvre, chaussée glissante) ;
  • anticiper une côte ou une descente que la boîte ne « voit » pas ;
  • laisser le ralentisseur prendre le relais dans les descentes, plutôt que les freins de service (chapitre 1.1).

L'éco-conduite et la sécurité se rejoignent ici : un véhicule bien utilisé consomme moins, use moins ses freins et ses pneus, et réagit mieux quand il faut éviter un obstacle.

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Mesurer ses progrès, comme en formation

La force de la méthode de l'arrêté, c'est la comparaison sur un même parcours : mesure avant, formation, mesure après. Elle se transpose au quotidien :

  • relever la consommation moyenne sur un trajet habituel, à charge comparable ;
  • changer une seule habitude à la fois (anticipation, montée des rapports, ralenti) ;
  • refaire la mesure et comparer, en tenant compte du trafic et de la météo.

Les ordres de grandeur d'économie varient selon le véhicule, la charge, le parcours et le conducteur : ce chapitre ne donne pas de pourcentage, faute de référence publique propre aux autocars. C'est la mesure avant / après qui fait foi.

L'annexe II bis prévoit que, lorsque la FCO est réalisée en entreprise par un formateur d'entreprise avec un jour consacré à la pratique, les temps de conduite individuelle peuvent être regroupés (le temps 2 en salle étant fait avant), le temps 3 peut se faire sur un parcours différent, et la consommation peut être comparée à la consommation moyenne annuelle du stagiaire.

Conduite subie, conduite rationnelle

Conduite subie

  • Freinages tardifs et relances
  • Sur-régime en côte
  • Moteur au ralenti pendant les attentes
  • Distances courtes, effet d'accordéon

Conduite rationnelle

  • Regard loin, pied levé tôt
  • Zone verte du compte-tours
  • Élan utilisé, vitesse constante
  • Pneus à la bonne pression

Sources

  • Arrêté du 3 janvier 2008, articles 2 et 5, annexes II et II bis (éco-conduite en trois temps ; version modifiée par l'arrêté du 12 juin 2025) — Légifrance
  • Directive (UE) 2022/2561, annexe I, section 1, objectifs 1.1, 1.3 et 1.7 — EUR-Lex
  • Code des transports, article L. 3314-1 (objet de la formation) — Légifrance

À retenir

  • Éco-conduite FIMO : 1 h de conduite + 3 h en salle + 1 h de conduite sur le même parcours.
  • Éco-conduite FCO : 40 min + 1 h 30 + 40 min.
  • Les 2 h d'éco-conduite font partie des 10 h de conduite individuelle de la FIMO et ne se font pas sur simulateur.
  • La consommation spécifique est la plus faible dans la zone de couple élevé : la zone verte du compte-tours.
  • Anticipation, élan, vitesse constante, distance, pneus : les leviers listés par la directive.
  • La progression se juge par une mesure avant / après sur un parcours comparable, sans pourcentage promis.

Sommaire de la formation

Contenu relu par le Pôle Sectoriel & Industrie · Politique éditoriale