FIMO et FCO voyageurs : le programme
Service, logistique et suite du parcours

Module 4 / 4  ·  Sommaire complet de la formation

Module 4 : Service et logistique 22 min de lecture

4.2 Transport de voyageurs : organisation, qualité de service et image

Le thème 4 de la FIMO et de la FCO voyageurs demande de connaître l'organisation du transport de voyageurs, le rôle des acteurs et les comportements qui font la qualité du service. Le conducteur en est le premier visage.

Les définitions et obligations ci-dessous sont celles des règlements européens 1073/2009 et 181/2011, dont le texte de référence est celui d'EUR-Lex.

Les trois familles de services de voyageurs par autocar

Service régulier

Une fréquence et un trajet déterminés, des voyageurs pris en charge et déposés à des arrêts fixés à l'avance.

Régulier spécialisé

Un service régulier réservé à des catégories déterminées de voyageurs, par exemple le trajet domicile-travail ou les écoliers et étudiants.

Service occasionnel

Des groupes constitués à l'initiative d'un donneur d'ordre ou du transporteur : excursion, voyage organisé.

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Ce que dit le thème 4 du programme

Le thème 4 « Service, logistique » dure 14 heures dans la FIMO voyageurs (annexe II de l'arrêté du 3 janvier 2008) et 4 heures dans la FCO voyageurs (annexe II bis). Il regroupe trois contenus :

  • la sensibilisation au handicap et la prise en compte des voyageurs handicapés (chapitre 4.1) ;
  • les comportements qui contribuent à la valorisation de l'image de marque de l'entreprise et à la qualité de service ;
  • l'environnement économique du transport de voyageurs : « l'organisation des transports et le rôle des différents acteurs économiques et institutionnels ».

La directive (UE) 2022/2561, dont l'arrêté reprend la liste des matières, précise le dernier point (annexe I, section 1, point 3.8) : le transport routier de voyageurs par rapport aux autres modes (rail, voitures particulières), les différentes activités du transport routier de voyageurs, la sensibilisation au handicap, le franchissement des frontières et l'organisation des principaux types d'entreprises.

Ce chapitre suit ce plan : les services, les acteurs, puis le rôle du conducteur. Les documents de bord de chaque type de service sont détaillés au chapitre 2.4.

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Les familles de services et l'accès au marché

Les définitions viennent du règlement (CE) n° 1073/2009, qui organise l'accès au marché international des services par autocars et autobus (article 2). Il vise les véhicules aptes à transporter plus de neuf personnes, conducteur compris (article 1).

FamilleAccès au marché (transport international)Article
RégulierAccessible à tous, éventuellement sur réservation ; soumis à autorisation ; l'exploitant publie itinéraire, arrêts, horaires et tarifs5 § 1, 11
Régulier spécialiséPas d'autorisation, à condition d'être couvert par un contrat entre l'organisateur et le transporteur5 § 2
OccasionnelExempté d'autorisation ; ne perd pas ce caractère parce qu'il est effectué avec une certaine fréquence5 § 3
Compte propreRégime d'attestation délivrée par l'État d'immatriculation, pour un transport non lucratif et non commercial, activité accessoire de l'entreprise2 § 5, 5 § 5

Pour les transports internationaux, le transporteur doit détenir une licence communautaire délivrée par l'État d'établissement, valable dix ans au plus, dont une copie certifiée conforme se trouve à bord de chaque véhicule (article 4). La distinction régulier / occasionnel compte aussi pour les pauses et repos du règlement 561/2006.

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Qui fait quoi : les acteurs économiques et institutionnels

Le programme demande de situer le rôle des différents acteurs. Les textes européens sur les passagers et sur l'accès au marché en donnent la cartographie, sans qu'il soit utile de nommer d'entreprise :

Acteurs économiques (règlement 181/2011, art. 3)

  • transporteur : propose le transport au public ;
  • transporteur exécutant : réalise effectivement tout ou partie du transport ;
  • vendeur de billets : conclut les contrats pour le compte du transporteur ;
  • agent de voyages : agit pour le compte du passager ;
  • voyagiste : organise ou revend des voyages à forfait ;
  • donneur d'ordre : à l'initiative des groupes des services occasionnels (règl. 1073/2009).

Acteurs institutionnels

  • autorités compétentes de l'État d'établissement : délivrent la licence communautaire (1073/2009, art. 4) ;
  • autorité délivrante : instruit l'autorisation d'un service régulier international avec les États concernés (art. 7 et 8) ;
  • organismes nationaux d'application : indépendants des transporteurs, saisis par les plaintes (181/2011, art. 28) ;
  • entité gestionnaire de station : gère les stations désignées pour l'assistance (art. 3 et 12).

Quand une obligation est confiée à un exécutant ou à un vendeur de billets, le transporteur qui l'a déléguée reste responsable de leurs actes et omissions (181/2011, article 5). Pour le conducteur, retenir que l'entreprise répond de la qualité du service, et que le conducteur en est le visage.

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Le conducteur, interlocuteur direct du voyageur

Le point 3.6 de la liste des matières de la directive cadre l'enseignement : « attitudes du conducteur et image de marque d'une entreprise », avec l'importance de la qualité de prestation du conducteur, ses différents rôles, ses différents interlocuteurs, l'entretien du véhicule, l'organisation du travail et les conséquences d'un litige sur le plan commercial et financier.

Concrètement, les textes sur les passagers donnent des repères sur ce que le voyageur est en droit d'attendre de l'exploitation :

  • une information adéquate tout au long du voyage, dans un format approprié quand c'est possible (181/2011, article 24) ;
  • en cas de retard ou d'annulation d'un départ de station, une information dans les 30 minutes qui suivent l'heure prévue, avec l'heure estimée de départ dès qu'elle est connue (article 20) ;
  • des informations sur ses droits au plus tard au départ (article 25) ;
  • un service régulier qui respecte les normes de continuité, de régularité et de capacité, avec itinéraire, arrêts, horaires et tarifs publiés (1073/2009, article 11).

Les rôles du conducteur dépendent du service : conduite et sécurité avant tout, mais aussi accueil, renseignement, gestion des bagages (chapitre 1.3) et des situations tendues (chapitre 3.3).

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Véhicule, organisation du travail et litige

Trois autres éléments du point 3.6 ont des conséquences directes pour l'entreprise et le conducteur :

  • L'entretien du véhicule. Un véhicule propre, en état et correctement équipé fait partie de la prestation ; une immobilisation en route déclenche des obligations du transporteur : poursuivre le service dans un autre véhicule ou transporter les passagers vers un point d'attente ou une station adaptés (181/2011, article 19 § 3).
  • L'organisation du travail. Les durées de conduite et de repos et le tachygraphe conditionnent les horaires que l'entreprise peut promettre : voir le chapitre 2.1. L'entreprise ne peut pas rémunérer le conducteur d'une manière qui compromette la sécurité routière ou encourage les infractions (règlement 561/2006, article 10 § 1).
  • Le litige. Un retard ou une annulation peut coûter cher : remboursement du billet, réacheminement, indemnisation de 50 % du billet si le choix n'a pas été offert, hébergement plafonné à 80 euros par nuit pour deux nuits au plus (articles 19 et 21). Ces obligations ne peuvent pas être écartées par une clause du contrat de transport (article 6).

Un conducteur qui informe correctement, signale tôt un problème de véhicule et note les faits utiles (heure, lieu, cause) aide son entreprise à gérer un éventuel litige. Le détail des droits chiffrés des passagers est au chapitre 4.1.

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Se situer : le métier et la qualification

Le conducteur de transport de voyageurs relève, pour la qualification, des mêmes textes que le conducteur de marchandises : qualification initiale avant de débuter, puis formation continue tous les cinq ans (code des transports, R. 3314-1 et R. 3314-10). Le chapitre 4.3 de la formation FIMO marchandises décrit la même fin de parcours côté camions ; le chapitre suivant détaille la version voyageurs.

Pour découvrir le métier lui-même, ses conditions d'accès et ses évolutions, la fiche métier conducteur de bus et de car du site en donne une présentation générale.

Ce parcours en ligne ne dispense aucune qualification : seule la FIMO ou la FCO suivie dans un établissement agréé par le préfet de région (R. 3314-19) ouvre droit à la carte de qualification de conducteur.

Ce que le voyageur est en droit d'attendre

Être informé pendant tout le voyage, et dans les 30 minutes en cas de retard au départ d'une station
Une régularité conforme aux horaires publiés pour un service régulier
Un accueil non discriminatoire, avec assistance gratuite si elle a été notifiée
Une réponse à sa plainte sous un mois, déposée dans les trois mois

Sources

  • Règlement (CE) n° 1073/2009 du 21 octobre 2009, articles 1, 2, 4 à 6 et 11 — EUR-Lex
  • Règlement (UE) n° 181/2011, articles 3, 5, 6, 19 à 21, 24, 25 et 28 ; règlement (CE) n° 561/2006, article 10 — EUR-Lex
  • Directive (UE) 2022/2561, annexe I, section 1, points 3.6 et 3.8 — EUR-Lex
  • Arrêté du 3 janvier 2008, annexes II et II bis, thème 4 ; code des transports, R. 3314-1, R. 3314-10 et R. 3314-19 — Légifrance

À retenir

  • Thème 4 : 14 h en FIMO voyageurs, 4 h en FCO ; handicap, image et qualité de service, environnement économique.
  • Trois familles de services : régulier, régulier spécialisé, occasionnel (règlement 1073/2009, art. 2).
  • Transport international : licence communautaire (dix ans au plus), copie certifiée conforme à bord.
  • Le transporteur reste responsable des actes de son exécutant ou de son vendeur de billets (181/2011, art. 5).
  • Le conducteur est l'interlocuteur direct du voyageur : information, accueil, qualité de prestation.
  • Aucune clause du contrat ne peut écarter les droits des passagers (181/2011, art. 6).

Sommaire de la formation

Contenu relu par le Pôle Sectoriel & Industrie · Politique éditoriale