FIMO et FCO voyageurs : le programme
Santé, sécurité routière et sécurité environnementale

Module 3 / 4  ·  Sommaire complet de la formation

Module 3 : Santé et sécurité routière 24 min de lecture

3.4 Tunnels, passages à niveau et chantiers : conduite préventive

Le thème 3 de la FIMO voyageurs cite plusieurs situations où le gabarit et l'inertie d'un autocar changent tout : « la circulation dans les tunnels », « le franchissement des passages à niveau » et « les risques et comportements préventifs à l'abord des zones de chantiers » (arrêté du 3 janvier 2008, annexe II). Chacune ajoute une contrainte propre au transport de voyageurs : la présence de passagers à protéger.

Les vitesses et dimensions maximales de l'autocar sont détaillées au chapitre précédent ; celui-ci se concentre sur les comportements. Le risque routier professionnel fait l'objet d'une formation dédiée.

Quatre situations à risque du programme

Distances

2 secondes, 50 m hors agglomération

Tunnels

Panne, bouchon, incendie

Passages à niveau

Ne jamais être immobilisé sur les voies

Chantiers

Agents au travail au bord des voies

1

Distances, visibilité et angles morts

La conduite préventive commence par l'espace laissé autour de l'autocar. Les valeurs sont celles du chapitre 3.2 :

  • distance de sécurité : au moins la distance parcourue en 2 secondes, et au moins 50 mètres hors agglomération entre véhicules de plus de 3,5 tonnes ou de plus de 7 mètres qui se suivent à la même vitesse (code de la route, R. 412-12) ;
  • visibilité inférieure à 50 mètres (brouillard, pluie forte) : vitesse limitée à 50 km/h sur tout le réseau, autoroutes comprises (R. 413-4) ;
  • angles morts : les véhicules de plus de 3,5 tonnes portent sur les côtés et à l'arrière une signalisation qui matérialise leurs angles morts (R. 313-32-1). Elle prévient les autres usagers ; elle ne dispense pas le conducteur de régler ses rétroviseurs et de contrôler avant de tourner.

L'objectif 1.4 de la directive européenne résume la démarche : identifier les situations potentiellement dangereuses avant qu'elles ne deviennent inévitables, et choisir les actions qui augmentent les marges de sécurité. Il cite expressément la taille et le poids des véhicules et les usagers vulnérables : piétons, cyclistes et deux-roues motorisés.

2

Les facteurs aggravants du véhicule lourd

Masse et inertie

Distances de freinage plus longues ; énergie considérable en cas de choc avec un véhicule léger ou un piéton.

Gabarit et porte-à-faux

Longueur jusqu'à 13,50 m pour deux essieux, hauteur sous les ponts, arrière qui balaie l'extérieur du virage.

Stabilité

Le centre de gravité et la répartition du chargement figurent à l'objectif 1.7 de la directive : une soute mal répartie ou des passagers debout accentuent le risque.

Visibilité

Zones peu visibles depuis le poste de conduite, en particulier à droite et à l'avant : un piéton qui traverse devant l'autocar peut échapper à la vue.

Une particularité du transport de voyageurs s'ajoute : les passagers subissent chaque à-coup. Un freinage brusque d'urgence évité par la distance et l'anticipation protège l'allée autant que la trajectoire. Par neige ou verglas sur une voie au moins, le dépassement et le changement de file sont interdits aux véhicules de plus de 3,5 tonnes (R. 414-17).

Lors d'un dépassement de piétons, de cyclistes ou d'autres engins à deux ou trois roues, le conducteur se déporte assez pour ne pas les heurter et ne s'en approche pas latéralement à moins d'un mètre en agglomération et d'un mètre et demi hors agglomération (R. 414-4, IV).

3

Traverser un tunnel

La FIMO consacre une ligne à « la circulation dans les tunnels : règles de conduite à l'approche et dans les tunnels, spécificités des grands ouvrages ». Les consignes reprises par le guide officiel de l'interrogation orale du permis poids lourd valent pour tout véhicule lourd et se résument en trois temps :

  • Avant d'entrer : vérifier que le tunnel est ouvert et que ses restrictions (hauteur, masse) le permettent ; avoir assez de carburant.
  • Pendant : feux allumés, lunettes de soleil retirées, radio du tunnel écoutée, vitesse et interdistance respectées (des balises aident à la mesurer).
  • Bouchon ou panne : garder la distance, ne pas faire demi-tour ; en panne, se ranger à droite ou sur un emplacement prévu, couper le moteur, feux de détresse, prévenir depuis une niche d'appel.
Ne pas respecter la distance de sécurité dans un tunnel, en récidive dans l'année, est un délit : six mois d'emprisonnement et 3 750 € d'amende (code de la route, L. 412-2). L'arrêt ou le stationnement dans un tunnel figure parmi les arrêts « gênants », sauf dispositions différentes de l'autorité de police (R. 417-10, II, 6°).
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4

Incendie dans un tunnel : les réflexes vitaux

Un incendie en tunnel est la situation la plus grave du thème. La fumée envahit vite l'ouvrage et la visibilité tombe. Les consignes du guide officiel sont nettes :

  1. s'arrêter, sans faire ni demi-tour ni marche arrière ;
  2. couper le moteur en laissant la clé sur le véhicule (les secours doivent pouvoir le déplacer) ;
  3. allumer les feux de détresse ;
  4. quitter le véhicule et gagner rapidement un abri ou une issue de secours signalée ;
  5. aider les personnes en difficulté et prévenir le poste de contrôle depuis une niche d'appel.

Avec un autocar, la dernière étape change d'échelle : la directive (UE) 2022/2561 (objectif 3.5) inscrit au programme de « réagir en cas d'incendie », d'« évacuer les passagers du bus » et de « garantir la sécurité de tous les passagers ». En pratique, c'est le conducteur, qui connaît son véhicule et ses issues, qui organise la sortie du groupe vers l'abri. La conduite de l'évacuation est détaillée au chapitre 3.5.

Rester dans son véhicule en attendant les secours est la mauvaise décision, pour le conducteur comme pour les passagers.

5

Franchir un passage à niveau

Au passage à niveau, la priorité appartient au train. L'article R. 422-3 du code de la route pose plusieurs règles :

  • ne pas s'engager si le véhicule risque, « du fait de ses caractéristiques techniques ou des conditions de circulation », d'y être immobilisé : l'espace après le passage doit permettre de dégager l'autocar entièrement ;
  • ne pas s'engager quand les barrières sont fermées, en cours de fermeture ou d'ouverture ;
  • à l'approche d'un train, dégager immédiatement la voie ferrée de manière à lui livrer passage.

Un autocar mesure jusqu'à 13,50 m à deux essieux : sa longueur impose d'anticiper et de regarder ce qu'il y a derrière le passage avant de s'engager. Si les barrières s'abaissent alors que le véhicule est déjà engagé, il ne faut jamais s'arrêter sur les voies, quitte à casser la barrière (guide de l'interrogation orale du permis poids lourd).

En cas d'immobilisation forcée, le conducteur doit prendre toutes les mesures en son pouvoir pour faire cesser le plus rapidement possible l'obstruction ou, à défaut, pour que les agents du chemin de fer soient prévenus sans délai (R. 422-3, V). En pratique, avec des passagers à bord, il s'agit d'abord de les faire quitter le véhicule et s'éloigner des voies. L'infraction est punie de la 4e classe, avec 4 points retirés.

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Zones de chantiers et personnels sur la route

Le programme vise « les risques et comportements préventifs à l'abord des zones de chantiers et d'intervention des personnels travaillant sur les réseaux routiers » (arrêté du 3 janvier 2008, annexe II, thème 3). Ces agents travaillent à quelques mètres de véhicules qui passent à vive allure ; le souffle d'un autocar suffit à les déséquilibrer.

  • respecter la signalisation mise en place pour le chantier (limitations de vitesse, rétrécissements, basculements de chaussée) ;
  • anticiper le rabattement : se placer tôt sur la voie laissée ouverte, sans forcer l'insertion au dernier moment ;
  • s'écarter autant que possible des fourgons de signalisation et des agents, et ne pas dépasser dans les zones rétrécies ;
  • redoubler de vigilance la nuit et par mauvais temps, quand les agents sont moins visibles.

Ces comportements sont des règles de prudence tirées de l'objectif de conduite préventive du programme, et non de dispositions chiffrées. Une distance latérale d'au moins un mètre cinquante hors agglomération vaut dès qu'un piéton est dépassé (R. 414-4, IV). Pour la FCO, la même liste est reprise au thème 3 (7 heures) comme actualisation des connaissances.

Incendie en tunnel : les réflexes, dans l'ordre

1

S'arrêter, sans demi-tour ni marche arrière

2

Moteur coupé, clé laissée, feux de détresse

3

Faire évacuer les passagers vers un abri, sans les laisser dans le tunnel

4

Prévenir le poste de contrôle depuis une niche d'appel

Sources

  • Code de la route, articles L. 412-2, R. 313-32-1, R. 412-12, R. 413-4, R. 414-4, R. 414-17, R. 417-10 et R. 422-3 — Légifrance
  • Arrêté du 23 avril 2012 relatif à l'examen du permis des catégories lourdes, annexe 5 (guide de l'interrogation orale, fiche tunnels et passages à niveau) — Légifrance
  • Arrêté du 3 janvier 2008, annexes II et II bis, thème 3 ; directive (UE) 2022/2561, annexe I, objectifs 1.4, 1.6, 1.7 et 3.5 — EUR-Lex

À retenir

  • Hors agglomération : 50 m au moins entre véhicules de plus de 3,5 t ; 50 km/h si la visibilité tombe sous 50 m.
  • Signalisation des angles morts obligatoire au-delà de 3,5 t.
  • Tunnel : vérifier les restrictions avant d'entrer, feux allumés, jamais de demi-tour.
  • Incendie en tunnel : s'arrêter, couper le moteur clé laissée, rejoindre un abri, y conduire les passagers.
  • Passage à niveau : ne s'engager que si l'on peut dégager entièrement ; ne jamais s'arrêter sur les voies.
  • Chantiers : rabattement anticipé, distance avec les agents, vigilance de nuit et par mauvais temps.

Sommaire de la formation

Contenu relu par le Pôle Sectoriel & Industrie · Politique éditoriale