Éco-conduite · VU Éco-conduite & Véhicules Utilitaires

Module 1 : Enjeux et cadre éco-conduite

Sommaire complet de la formation
Module 1 : Enjeux 20 min de lecture

1.2 Cadre légal 2026 : ZFE, fiscalité des flottes, CEE

L'éco-conduite reste une démarche volontaire : aucun texte n'oblige une entreprise à former ses conducteurs à la conduite économe. En revanche, plusieurs règles pèsent directement sur le coût et l'usage d'une flotte : zones à faibles émissions, taxe incitative pour les grandes flottes, négociation sur la mobilité, certificats d'économies d'énergie. Ce chapitre fait l'état du droit applicable en 2026, beaucoup de contenus en circulation étant périmés.

Les textes qui comptent, 2019 → 2035

2019
Loi LOM
ZFE, mobilité en NAO
2021
Loi Climat
ZFE étendues
2025
Recentrage
ZFE Paris et Lyon, taxe incitative flottes
2026
Censure
suppression des ZFE écartée
2035
UE
objectif CO2 des VL et VU neufs
1

ZFE : maintenues, mais recentrées

Les zones à faibles émissions mobilité restreignent la circulation selon la vignette Crit'Air (décret n° 2016-858 du 29 juin 2016). Créées par la loi LOM du 24 décembre 2019, étendues par la loi Climat et Résilience du 22 août 2021, elles ont été recentrées : depuis le 1er janvier 2025, seuls le Grand Paris et la Métropole de Lyon sont des territoires ZFE tenus d'interdire les Crit'Air 3 ; les autres agglomérations de plus de 150 000 habitants sont des « territoires de vigilance ».

Elles n'ont pas été supprimées. Le projet de loi de simplification de la vie économique, adopté en première lecture par l'Assemblée nationale le 17 juin 2025, contenait leur suppression. Le Conseil constitutionnel l'a censurée comme cavalier législatif (décision n° 2026-903 DC du 21 mai 2026) : elle ne figure pas dans la loi n° 2026-403 du 26 mai 2026.

Circuler dans une ZFE avec un véhicule interdit est puni d'une amende de 68 € pour une voiture ou un utilitaire léger et de 135 € pour un poids lourd, un bus ou un autocar (article R411-19-1 du Code de la route), sous réserve de la politique de contrôle de chaque collectivité. Le détail des vignettes et des dérogations est au chapitre 4.3.

2

Flottes d'au moins 100 véhicules : la taxe incitative

L'ancienne obligation de quotas de véhicules à faibles émissions lors des renouvellements (article L224-10 du code de l'environnement), dépourvue de sanction, a été remplacée par la loi de finances pour 2025 par une taxe annuelle incitative relative à l'acquisition de véhicules légers à faibles émissions (code des impositions sur les biens et services, articles L421-99-1 et suivants).

  • Qui : les entreprises disposant d'une flotte d'au moins 100 véhicules, voitures particulières et utilitaires légers de type camionnette ou fourgon compris.
  • Principe : l'écart entre la part de véhicules à faibles émissions acquis dans l'année et un taux cible est taxé.
Année202520262027202820292030
Taux cible15 %18 %25 %30 %35 %48 %
Tarif unitaire2 000 €4 000 €5 000 € à partir de 2027

Source : CIBS et BOFiP (BOI-AIS-MOB-10-30-40), dispositif modifié par la loi n° 2026-103 du 19 février 2026. Les modalités de calcul (proratisation, véhicules exclus) sont précisées au BOFiP.

3

Malus et taxes d'affectation : les utilitaires en partie à l'écart

Le malus à l'immatriculation et les deux taxes annuelles sur l'affectation des véhicules à des fins économiques (ex-TVS) visent les véhicules de tourisme. Un utilitaire léger n'y est soumis que dans des cas précis :

  • une camionnette est traitée comme un véhicule de tourisme si elle comporte, ou peut facilement comporter, au moins trois rangs de places assises ;
  • un pick-up d'au moins cinq places est taxé.

Un fourgon ou une camionnette cabine approfondie à deux rangs reste donc hors champ. Les barèmes 2026 (malus déclenché à 108 g CO2/km, taxe sur les polluants atmosphériques) sont détaillés au chapitre 4.3.

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4

Mobilité des salariés : négociation et plan de mobilité

Dans les entreprises d'au moins 50 salariés sur un même site, la négociation annuelle sur la qualité de vie et des conditions de travail porte notamment sur les mesures visant à améliorer la mobilité des salariés entre leur domicile et leur lieu de travail (article L2242-17, 8°, du Code du travail). À défaut d'accord, l'employeur élabore un plan de mobilité employeur (article L1214-8-2 du code des transports).

Forfait mobilités durables
Facultatif, exonéré dans la limite de 600 € par an, ou 900 € en cas de cumul avec la prise en charge d'un abonnement de transport public (article L3261-3-1 du Code du travail).
Abonnement de transport
La prise en charge de 50 % de l'abonnement de transport public est obligatoire pour tout employeur (article L3261-2).

Le chapitre 5.2 montre comment articuler ces dispositifs avec la politique de flotte, et le simulateur de forfait mobilités durables chiffre le montant versé.

5

CEE : les deux fiches « conduite économe »

Le dispositif des certificats d'économies d'énergie oblige les fournisseurs d'énergie à financer des actions d'économies. Deux fiches d'opérations standardisées concernent la formation à la conduite économe :

FicheIntituléVéhicules
TRA-SE-102Formation d'un chauffeur de véhicule léger à la conduite économeVoitures (M1) et utilitaires légers (N1)
TRA-SE-101Formation d'un chauffeur de transport à la conduite économePoids lourds (N2, N3), autocars et autobus (M2, M3)
Erreur fréquente : la fiche TRA-EQ-128, souvent citée pour la formation à l'éco-conduite, porte en réalité sur les autocars et autobus électriques.

La sixième période du dispositif couvre les années 2026 à 2030 (décret n° 2025-1048 du 30 octobre 2025). Les conditions d'éligibilité et les montants réels, modestes, sont détaillés au chapitre 5.3.

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6

Utilitaires de plus de 2,5 t à l'international : le tachygraphe depuis le 1er juillet 2026

Le Paquet mobilité européen a étendu aux véhicules de plus de 2,5 t effectuant du transport international ou du cabotage pour compte d'autrui les règles de temps de conduite et de repos du règlement (CE) n° 561/2006, avec obligation de tachygraphe intelligent à compter du 1er juillet 2026 (règlement (UE) 2020/1054).

Pour une flotte d'utilitaires cantonnée au territoire national, rien ne change. Pour une entreprise de transport léger qui franchit les frontières, c'est un changement d'organisation majeur : temps de conduite, pauses et repos deviennent contrôlables comme pour un poids lourd.

Ce qui vous concerne, selon votre situation

Flotte d'au moins 100 véhicules
Taxe incitative : cible 18 % de véhicules à faibles émissions acquis en 2026, 4 000 € par véhicule manquant.
Activité en Île-de-France ou à Lyon
ZFE effectives : Crit'Air 3 et au-delà interdits ; 68 € (VL, VU) ou 135 € (PL).
Au moins 50 salariés sur un site
Mobilité en NAO (L2242-17, 8°), plan de mobilité employeur à défaut d'accord.

À retenir

  • ZFE : toujours en vigueur (suppression censurée, décision 2026-903 DC) ; ZFE effectives à Paris et Lyon, territoires de vigilance ailleurs.
  • Taxe incitative : flottes d'au moins 100 véhicules, cible 18 % en 2026, 4 000 € par unité d'écart ; elle remplace les anciens quotas.
  • Utilitaires : hors malus et taxes d'affectation, sauf camionnette à trois rangs ou pick-up d'au moins cinq places.
  • Mobilité : NAO dès 50 salariés sur un site, plan de mobilité à défaut d'accord, forfait mobilités durables jusqu'à 600 € (900 € en cumul).
  • CEE : fiches TRA-SE-102 (VL et VU) et TRA-SE-101 (PL, cars) ; pas TRA-EQ-128.

Sources de ce chapitre

Sommaire de la formation

Contenu relu par le Pôle HSE & Risques industriels · Politique éditoriale