Sécurité privée
Incendie, secours et systèmes électroniques

Module 4 / 4  ·  Sommaire complet de la formation

Module 4 : Incendie, secours et systèmes électroniques 22 min de lecture

4.2 Secourisme : protéger, examiner, alerter, secourir

Un agent de sécurité est souvent le premier sur place lors d'un malaise ou d'un accident. Les textes lui demandent de savoir porter secours : le tronc commun de la formation initiale compte 14 heures de premiers secours, dont 7 heures de mise en situation, et le stage de maintien des compétences en comprend sept. Ce chapitre rappelle l'enchaînement et les gestes essentiels.

L'enchaînement des quatre temps

1. Protéger
Écarter le danger ou la victime du danger, sans se mettre soi-même en danger.
2. Examiner
Parle-t-elle ? Respire-t-elle ? Saigne-t-elle ? Quelle est sa conscience ?
3. Faire alerter ou alerter
18, 15 ou 112 ; 114 par SMS ; informations minimales ; ne pas raccrocher avant l'instruction.
4. Secourir
Le geste adapté (arrêter un saignement, libérer les voies aériennes, masser, défibriller, mettre sur le côté) jusqu'à l'arrivée des secours.
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Un cadre juridique protecteur : l'obligation de secourir et le citoyen sauveteur

Le code pénal punit de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 € d'amende le fait de s'abstenir volontairement de porter assistance à une personne en péril, par action personnelle ou en provoquant un secours (article 223-6, chapitre 2.3). En miroir, l'article L721-1 du CSI dispose que toute personne concourt par son comportement à la sécurité civile : elle veille à prévenir les services de secours et à prendre les premières dispositions nécessaires dans la mesure de ses possibilités.

Le même article crée le statut de citoyen sauveteur (loi n° 2020-840 du 3 juillet 2020) : « quiconque porte assistance de manière bénévole à une personne en situation apparente de péril grave et imminent » a la qualité de collaborateur occasionnel du service public. Il est exonéré de toute responsabilité civile, sauf faute lourde ou intentionnelle, en cas de préjudice résultant de son intervention, et les diligences normales s'apprécient « au regard notamment de l'urgence dans laquelle il intervient ainsi que des informations dont il dispose ».

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Examiner et alerter : les numéros et le message

Les références techniques nationales de la sécurité civile (DGSCGC, juillet 2026) rappellent les numéros d'alerte : 18 (sapeurs-pompiers), 15 (SAMU), 112 (numéro d'urgence valable dans toute l'Union européenne) et 114 (SMS pour les personnes qui ont des difficultés à entendre ou à parler). Le 17 est celui de la police et de la gendarmerie.

Le message doit contenir, au minimum : le numéro de téléphone d'où l'on appelle, la nature du problème, le nombre de victimes et la localisation précise. On répond aux questions de l'opérateur et on raccroche uniquement sur son instruction, puis on revient auprès de la victime. Si possible, on envoie un témoin chercher le défibrillateur automatisé externe (DAE) du site et accueillir les secours.

Si l'on est seul, on alerte d'abord (téléphone sur haut-parleur) puis on secourt. Une alerte retardée est la première cause de perte de temps.
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Les hémorragies et les plaies

Une hémorragie est un saignement abondant qui ne s'arrête pas spontanément. Le geste de référence est la compression directe de la plaie, avec la main protégée (gant, tissu) ou un pansement compressif. Si le saignement persiste ou si la compression est impossible (plaie délabrante d'un membre), les références nationales prévoient le garrot (membres uniquement), posé à 5 à 7 cm de la plaie, entre la plaie et la racine du membre, jamais sur une articulation, avec l'heure de pose notée.

Pour une plaie grave (profonde, thoracique, abdominale), on ne retire jamais un corps étranger planté et on l'immobilise. Pour un saignement de nez, la personne est assise, tête penchée en avant, et on comprime les narines pendant dix minutes. Tout saignement abondant impose une alerte.

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Étouffement, perte de connaissance et position latérale de sécurité

Face à une obstruction complète des voies aériennes (la personne ne peut plus parler, tousser ni respirer), la conduite décrite par les références nationales est : encourager la toux tant qu'elle est possible, puis 1 à 5 claques dans le dos, et, en l'absence d'effet, 1 à 5 compressions (abdominales ou thoraciques selon le cas), en alternance jusqu'à ce que l'obstacle soit expulsé, tout en faisant alerter.

Si la victime est inconsciente mais respire, on la place en position latérale de sécurité (PLS) : bouche ouverte pour que les liquides s'écoulent vers l'extérieur, surveillance de la respiration jusqu'à l'arrivée des secours. En cas de traumatisme ou d'événement d'origine inconnue, on évite de bouger inutilement et on alerte. Une victime qui vomit se tourne sur le côté en gardant l'axe tête-cou-tronc.

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L'arrêt cardiaque : masser, défibriller

Une personne inconsciente qui ne respire pas (ou dont la respiration est anormale, « agonique ») est en arrêt cardiaque. Chaque minute compte. Les références nationales prévoient :

  • Alerter et demander un DAE ;
  • Compressions thoraciques au centre de la poitrine, de 100 à 120 par minute, d'environ 5 cm de profondeur sans dépasser 6 cm, en laissant le thorax revenir sans décoller le talon de la main ;
  • Alternance de 30 compressions et 2 insufflations chez l'adulte (15/2 chez l'enfant et le nourrisson), ou compressions seules si les insufflations sont impossibles ;
  • Dès que le DAE est là, le mettre en marche et suivre ses instructions : il est sûr et sans risque, même utilisé par des personnes peu ou pas formées.

Le citoyen sauveteur effectue les gestes de premiers secours jusqu'à l'arrivée des secours, « par, le cas échéant, la mise en œuvre de compressions thoraciques, associées ou non à l'utilisation d'un défibrillateur automatisé externe » (article L721-1).

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Brûlures, malaises et accidents : les gestes simples

Pour une brûlure, les références nationales prescrivent un refroidissement à l'eau pendant dix minutes au minimum (idéalement vingt), et l'alerte si la brûlure est grave (par exemple des cloques de plus de la moitié de la paume de la victime). En cas d'ingestion d'un produit chimique, on ne fait ni vomir ni boire.

Face à un malaise sans perte de connaissance, on installe la personne au repos dans la position où elle se sent le mieux, on l'interroge, on surveille et on alerte le 15 si le malaise persiste ou s'aggrave. Face à un traumatisme (chute, accident de la route), on évite de mobiliser la victime sauf danger vital, on la maintient au calme, on alerte et on surveille.

Ces gestes sont enseignés avec mise en situation : la formation initiale compte 14 heures de premiers secours dans le tronc commun (7 heures de pratique), et le stage MAC en prévoit 7, avec dispense possible pour un titulaire d'un SST valide ou d'un PSC de moins de deux ans.

Premiers secours : le bon geste selon la situation

SituationGeste de référenceAlerte
Saignement abondantCompression directe, pansement compressif, garrot en dernier recours18 / 15 / 112
Étouffement completClaques dans le dos puis compressions18 / 15 / 112
Inconscient qui respirePosition latérale de sécurité18 / 15 / 112
Inconscient qui ne respire pasCompressions thoraciques, DAE dès qu'il est disponible18 / 15 / 112, DAE
BrûlureRefroidir à l'eau 10 min minimumSi grave : 15 / 18
Saignement de nezAssis, tête en avant, comprimer 10 minSi persistant

Sources

  • Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises, références techniques nationales « premiers secours citoyen » (juillet 2026), fiches Alerte, Hémorragies, Garrot, Obstruction des voies aériennes, Arrêt cardiaque, Compressions, Défibrillation, Perte de connaissance, Brûlures — interieur.gouv.fr
  • Code de la sécurité intérieure, art. L721-1 (citoyen sauveteur) — Légifrance
  • Code pénal, art. 223-6 — Légifrance
  • INRS, « Sauvetage secourisme du travail : guide des données techniques et conduites à tenir » (V5_01/2024) — inrs.fr
  • Arrêté du 1er septembre 2025 (annexe II, premiers secours) et arrêté du 27 février 2017 (stage MAC) — Légifrance

À retenir

  • Quatre temps : protéger, examiner, alerter, secourir.
  • Numéros : 18, 15, 112, 114 (SMS) ; 17 pour la police et la gendarmerie.
  • Message d'alerte : numéro de téléphone, nature du problème, nombre de victimes, localisation ; on raccroche sur instruction.
  • Hémorragie : compression directe ; garrot sur les membres seulement, 5 à 7 cm au-dessus de la plaie, heure notée.
  • Arrêt cardiaque : 30 compressions / 2 insufflations, 100 à 120 par minute, DAE dès qu'il est disponible.
  • Le citoyen sauveteur (L721-1) est exonéré de responsabilité civile sauf faute lourde ou intentionnelle ; ne pas porter secours est puni (CP 223-6).

Sommaire de la formation